Recherche, art et participation #4 : filmer la formation au travail domestique et au care

25 avril 2024
14h-19h30
Bâtiment Turbulence, salle de projection,
Campus Marseille Saint-Charles

Cette quatrième séance du cycle de séminaires du projet REAP , portée de concert avec le Centre de recherche-création sur les monde sociaux (Cirec) dans le cadre de ses ateliers, propose de se pencher sur le travail domestique et du soin au prisme de la formation. À partir de travaux filmiques singuliers, nous réfléchirons aux enjeux que véhicule ce travail du care dans des contextes différents, en termes d’inégalités et domination notamment, et aux manières de donner à voir cette réalité par l’image et le son. Une séance en trois temps :

Un atelier avec Guillaume Cuny

14h-15h30

Atelier autour de la thèse en cours de Guillaume Cuny, doctorant en sociologie visuelle et filmique au Centre Pierre Naville (Université d’Évry Paris-Saclay) : à partir d’une étude menée auprès d’élèves du Bac Pro ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne), Le choix des autres porte sur l’enseignement professionnel et la complexité des déterminations qui orientent vers cette voie, au croisement de la classe, de la race et du genre. Le film documentaire permet ici d’articuler recherche et création pour éclairer la réalité sociale.

Contact : ebalteau [at] yahoo.fr

Masterclass, projection de film et débat avec Sung-A Yoon

16h00-19h30

Masterclass avec Sung-A Yoon, réalisatrice et artiste franco-coréenne vivant à Bruxelles. Elle a été formée à l’université Sorbonne Nouvelle (théâtre), à l’École des beaux-arts de Paris-Cergy et à l’école de cinéma INSAS de Bruxelles. Se jouant des formes et des genres, ses films se distinguent par un caractère hybride et une attention particulière portée sur le dispositif de mise en scène. Son travail emprunte autant à la démarche documentaire qu’aux codes de la fiction.

Avec les étudiant.e.s du master Cinéma et audiovisuel d’Aix-Marseille Université

Contact : pascal.cesaro [at] univ-amu.fr (Pascal Cesaro, enseignant en Cinéma)

La masterclass sera suivie à 17h30 par la projection du film Overseas (2019, 90’) de Sung-A Yoon
En présence de la réalisatrice
Discussion par Thierry Roche, LESA, Départements Arts d’AMU

Synopsis : Aux Philippines, on déploie les femmes en masse à l’étranger comme aides ménagères ou nounous. Elles laissent souvent derrière elles leurs propres enfants, avant de se jeter dans l’inconnu. Dans un centre de formation au travail domestique, comme tant d’autres aux Philippines, un groupe de candidates au départ se préparent au mal du pays et aux maltraitances qui pourraient les atteindre. Lors d’exercices de jeux de rôles, les femmes se mettent tant dans la peau de l’employée que des employeu.r.se.s. Aux abords de la fiction, Overseas traite de la servitude moderne de notre monde globalisé, tout en révélant la détermination de ces femmes, leur sororité et les stratégies mises en place face aux épreuves que leur réserve l’avenir.

Contact : ebalteau [at] yahoo.fr

Comité d’organisation

Une après-midi co-organisée et animée dans le cadre
des Ateliers du Cirec, coord : Alex Tilman (Unil, Cirec), Hélène Tilman (Uliège, Cirec), Lila Neutre (Cirec) et Émilie Balteau (Prism, Cirec)
et du cycle d’ateliers et séminaires Recherche, art et participation (REAP), Coord : Émilie Balteau (Prism), Pascal Cesaro (Prism) et Cédric Parizot (Iremam)

! ATTENTION : la séance du 25 avril est accessible uniquement sur inscription en cliquant [ici] (fermeture des inscriptions le 23 avril à 12h)

ECOUTER: DU CORPS A L’ENVIRONNEMENT

18-19 mars 2024
Ecole supérieure d’art
Rue Emile Tavan
13100 Aix-en-Provence

La recherche par l’écoute

Ces journées réunissent des artistes et des anthropologues qui mettent le son au coeur de leurs recherches. Ils exploreront les sensibilités particulières liées à l’utilisation de médiums sonores et interrogeront les particularités d’une approche du monde à travers l’écoute et la production sonore. Ces journées s’inscrivent dans le cadre du programme La recherche par l’écoute en partenariat avec l’Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence et l’institut de recherche et d’étude sur les mondes arabes et musulmans (Aix Marseille Univ/CNRS).

Programme du 18 mars 2024

9h Introduction

Cédric Parizot, anthropologue, IREMAM (CNRS/Aix-Marseille Univ) et Peter Sinclair, artiste et enseignant, Locus Sonus Vitae (Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence)

9h30-11h: Session 1

François Parra, artiste et enseignant, laboratoire Locus Sonus Vitae (Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence)

La voix sans corps – de l’acousmatique au streaming

Partant de la définition de l’acousmatique employée par Pythagore pour qualifier l’enseignement qu’il donnait caché de ses disciples par un rideau, afin que ceux-ci se concentrent sur ses phrases et non sur ses gestes, nous essaierons de faire un historique des inventions techniques et esthétiques, qui ont conduit à des modes d’écoute au sein desquels les corps et les sons ont été progressivement dissociés.

Photo: Adrian Korte, 2016

François Parra travaille le son dans son rapport à l’espace, au langage et au geste. Le son est pour lui un matériau restructurant indéfiniment l’espace donc modifiant le rapport social, la voix en étant un matériau central. Formé au GMEM ses rencontres avec certains compositeurs l’amènent à des questions d’écriture temporelle avec un vocabulaire de plasticien. Membre de plusieurs collectifs d’artistes, Daisychain, NøDJ/NøVJ, Cap15, Choeur Tac-til, PACE. Il enseigne à l’ESAAix travaille régulièrement pour le spectacle vivant la radio la vidéo.

Jérémie Nicolas, artiste-chercheur, Musidanse/CICM, Université Paris 8

Chœur/Cohorte : Mise en œuvre pour une surprise de l’écoute

Replacé dans la lecture nietzschéenne du tragique, le musical est l’impossible écoute de l’irreprésentabilité de la musique. À partir d’une installation, la surprise est envisagée comme moyen de création, en vue de penser aux conditions de possibilité d’une interruption de la représentation. Chœur/Cohorte est l’image d’une écoute appelée à se rassembler au moment de sa métamorphose.

Image: Jérémie Nicolas et Makoto C. Friedmann

Artiste-chercheur, doctorant en recherche-création à Paris 8 (Musidanse/CICM), Jérémie Nicolas vit et travaille à Marseille. Sa thèse débutée en 2019, Écho d’affect d’effroi (codir. Anne Sèdes et Joseph Delaplace)bénéficie d’un contrat doctoral de l’EDESTA. Ses recherches prennent pour objet l’écho compris comme potentiel audible et le silence comme sonorité de composition.

Diane Schuh, compositrice et chercheuse, CICM/MUSIDANSE/EDESTA MSH Paris Nord UAR 3258, Saint-Denis

Mycélium Garden : écouter et composer avec l’inframonde

Le sol abrite un réseau complexe de vie, dont le mycélium qui interconnecte diverses espèces. Le projet « Mycelium Garden » explore ces dimensions invisibles, en cherchant à rendre audibles les expressions électriques de ces réseaux. Cette installation aborde l’importance de la reconnaissance de l’altérité des êtres non-humains et la nécessité d’élaborer des protocoles guidés par la recherche d’une « connaissance objective » dans le projet écologique d’attention au vivant.

Diane Schuh est paysagiste, compositrice et chercheuse. Sa thèse, sous contrat doctoral à l’EDESTA Paris 8 intitulée « symbioses, milieux, jardins en mouvement : ce que le jardinier fait à la musique » étudie les transferts des modèles et méthodes du jardin à la composition. Sa recherche explore notamment le potentiel pédagogique et opératoire du modèle de la symbiose dans l’élaboration de dispositifs de composition et d’écoute invitant à porter attention au vivant.

Photo: Diane Schuh, 2024

11h15-12h15: Discussion de la session 1

Ateliers 12h30-13h30

Les ateliers seront tenus en parallèle dans des lieux différents
Formulaire d’inscription : https://forms.office.com/e/t1UxZm0u0R

Atelier 1

Virginie DUBOIS, artiste sonore et chercheuse indépendante, actuellement résidente au laboratoire Locus Sonus Vitae, ESAAix, Aix-en-Provence

L’écoute somatique

Au-delà des mots, l’humain communique un vaste répertoire d’informations par les sons, les intonations, les inflexions et les modulations de sa voix, le silence, les soupirs etc. Entrer en communication avec cet espace subtil c’est entrer en relation avec le “ressentir”. C’est apprendre à écouter, et à utiliser son corps -et ses sensations- comme un espace de perception et de connexion avec soi, autrui et le monde. La démarche proposée dans cet atelier est expérimentale. Nous vous proposons de comprendre et de ressentir la dimension physique, émotionnelle et relationnelle de la voix, et du son, à travers des exercices individuels et en groupe.

Photo: Antonio Sanna, 2017

Virginie Dubois est artiste, chercheuse et enseignante dans le domaine du son et de l’écoute. Passionnée par la dimension physique et architecturale du son, Virginie explore les différentes manières de composer avec l’espace. Ce travail l’a amené à développer une pratique d’écoute sensible et active des phénomènes sonores, et de l’audible en général. Elle partage et enseigne désormais cette pratique – et ses méthodes – à travers divers ateliers et parcours sonores en France et à l’international.

Atelier 2

Rrrrrose Azerty, compositeurice/game designer, Paris, actuellement résident•e au laboratoire Locus Sonus Vitae, ESAAix, Aix-en-Provence

Atelier de Jeux Musicaux International de Aix En Provence (AJMIAEP)

Les ateliers de jeux musicaux sont des espaces ludiques et créatifs d’écoutes et d’actions sonores inspirés des pratiques Fluxus, anarchistes et situationnistes de la musique. Accessible à toustes.

Rrrrrose Azerty est compositeurice de musique dans le domaine public vivant et game designer de règles de jeux pour la désalienation capitaliste et fasciste de la créativité musicale.

14h-14h30: Session 2

Caroline Boë,compositrice, artiste sonore et chercheuse, PRISM (Aix-Marseille-Univ/CNRS/ministère de la Culture)

Le projet Anthropophony : une recherche-création à l’écoute des nuisances sonores de faible intensité

Le projet Anthropophony cherche à développer une écoute dé-filtrante du paysage sonore lorsqu’il est pollué par des sons de fréquences stables de faible intensité. Il s’agit d’un art sonore éco-artiviste dénonçant les sons qui nous envahissent à notre insu, imprégné d’une logique relevant de l’écosophie sonore.

Caroline Boë est compositrice, artiste sonore et chercheuse associée au laboratoire PRISM (Aix-Marseille-Université / CNRS / Ministère de la Culture). Son engagement écologique associé à une pensée écosophique guattarienne oriente ses travaux vers la perception du paysage sonore.

Photo: Caroline Boë

15h-17h Session 3: Intervention et performance

Atau Tanaka, compositeur, Goldsmiths University of London, London; Robin “Cicanoise” Dussurget, musicien, Marseille; Cécile Babiole, artiste, Marseille/Paris; Pierre “BonÏpso” Bonizec, APHM, Marseille

BBDMI: Brain-Body Digital Musical Instrument

Interfaces sensorielles, synthétiseurs modulaires, microscope numérique : Atau Tanaka, Cicanoise et Cécile Babiole prend scène au festival Sonic Protest 2021 comme trio. Captant signal électrique et imagerie du corps, ils créent de l’audiovisuel viscéral de neuro-diversité. Ils présentent leur travail individuel avant de jouer en trio. Atau présentera le projet BBDMI. Robin son approche aux synthés. Cécile son œuvre vidéo Disfluences sur les hésitations, répétitions, discontinuités de la parole. Ils invitent Pierre Bonizet aka Bonïpso à faire une présentation sur l’ergothérapie et la musique électronique.

Festival Sonic Protest 2021

Atau Tanaka joue depuis 1990 un système de capteurs électromyogramme transformant le corps en instrument de musique. Il mène des recherches en interaction homme machine (IHM) musicale à l’IRCAM, Sony, Goldsmiths London et Bristol Interaction Group. Il participe au projet ANR Brain Body Digital Musical Instrument à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord.

Robin Dussurget, aka Cicanoise est un talent précoce en musique expérimentale depuis tout jeune âge en explorant la musique électronique dans toutes ses formes. Il est conférencier aux Rencontres autour des pratiques brutes de la musique 2018. Il représente l’association Simon de Cyrène en tant que membre du jury du Festival du film social de Nice 2022.

Cécile est active dans le champ musical d’abord, puis dans les arts électroniques et numériques. Elle s’intéresse à la langue (écrite et orale), à sa transmission, ses dysfonctionnements, sa lecture, sa traduction, ses manipulations algorithmiques. Elle co-fonde le collectif Roberte la Rousse, groupe cyberféministe qui travaille sur les thématiques croisées langue, genre et technologie sous la forme de performances et de publications.

Pierre Bonizec est ergothérapeute en médecine physique et réadaptation à l’Assistance Publique-Hopitaux de Marseille (APHM). Pour lui, l’ergothérapie est une matière, souple et malléable, qui s’intéresse en permanence à l’autre dans ses mouvements mais aussi ses arrêts et inerties. Il est aussi musicien électronique qui se produise sur le nom de plume BonÏpso.

Programme du 19 mars 2024

9h-11h Session 4

Elena Biserna, historienne de l’art, autrice et commissaire, Marseille

Pas féministes. Corps sexisés, voix et bruits en espace public

Cette présentation aborde les pratiques féministes à l’intersection de la marche, de l’écoute et de la production sonore pour faire dialoguer (et promouvoir) un éventail d’approches critiques générant d’autres récits de la promenade sonore et de l’espace public à partir d’expériences fondées sur le genre et la sexualité.

Elena Biserna est historienne de l’art, commissaire et autrice. Ses recherches portent sur l’écoute, les pratiques artistiques « situées » et leurs relations aux dynamiques urbaines, aux processus socio-culturels, à la sphère publique et politique. Elle a récemment publié les livres Walking from Scores et Going Out. Walking, Listening, Soundmaking. Elle est directrice artistique de l’association LABgamerz et co-dirige la rubrique féministe wi watt’heure de Revue & Corrigée avec Carole Rieussec.

Elena Biserna, Feminist Steps, LUFF, Lausanne 2023. Photo: Caroline Gex.

Nicolas Puig, anthropologue, URMIS, IRD, Beyrouth

Sabra/Chatila : investigation par le sonore

L’enregistrement de terrain (field recording) est la méthode privilégiée permettant de revisiter à nouveau frais des problématiques d’anthropologie urbaine, politique et, plus récemment d’ethnoécologie. Ces recherches systématiquement collaboratives se déroulent au Liban, en Égypte et de façon plus ponctuelle au Sénégal. Elles cherchent à rendre compte de la dimension écologique de la vie urbaine, en se concentrant sur les façons d’habiter l’espace sonore et de produire le sien propre dans un environnement donné. Dans cette présentation, j’insisterai sur les travaux menés dans un espaces historique de la présence palestinienne au Liban, le camp de Chatila (géré par l’UNRWA) et la zone commerciale et résidentielle de Sabra peuplés en majorité de Palestiniens mais insérés dans le maillage administratif et urbain libanais. Ces deux espaces sont à la fois indépendants et connectés, et j’essaierai de montrer la spécificité de chacun à partir de leurs dynamiques acoustiques, en insistant sur les différentes méthodes déployées.

Nicolas Puig est chercheur en anthropologie à l’IRD (Université Paris Cité). Il travaille en Tunisie (terrain non actualisé), en Égypte et au Liban sur la fabrique des environnements urbains et les relations entre musiques, pratiques et perceptions sonores, cultures urbaines et politiques. Il explore depuis quelques années des anthropologies du sonore et du sensible par lesquelles il s’intéresse aux insertions des migrants et réfugiés dans les villes libanaises et développe des enquêtes en écologie humaine (circulations virales au Liban, savoirs écologiques locaux des pêcheurs apnéistes au Sénégal).

Photo: Nicolas Puig, 2019

Marie Baltazar, Anthropologue, Héritages : Culture/s, Patrimoine/s, Création/s (UMR 9022), Paris.

« Allo allo », entendez-vous dans les campagnes ? Pour une approche de la vie sociale par les sons

Ethnographie d’une tradition sonore propre aux villages du Languedoc méridional: les publications. Au quotidien, la vie sociale est sonorisée par des haut-parleurs annonçant aussi bien les décès que les commerçants du marché, le passage du camion pizza, le loto organisé par le comité des fêtes, les chats (et même les trousseaux de clés) perdus…

En tant qu’anthropologue, Marie Baltazar s’intéresse aux approches sensibles et sonores des communautés qu’elle étudie, tant en France qu’au Japon. Elle a travaillé sur les apprentissages de l’orgue et de la musique, avant d’orienter ses recherches sur les processus de patrimonialisation impliquant des artefacts sonores.

Photo: Marie Baltazar, 2021.

11h15-12h15 : Discussion de la Session 4

12h45-13h45 Atelier 1

Les ateliers seront tenus en parallèle dans des lieux différents

Virginie DUBOIS, artiste sonore et chercheuse indépendante, Aix-en-Provence

L’écoute somatique

Atelier 2

Rrrrrose Azerty, compositrice/game designer, résident•e à l’Esaaix, Paris

Atelier de Jeux Musicaux International de Aix En Provence (AJMIAEP)

14h15-16h15: Session 5: Plateau radio

Cédric Parizot, anthropologue, IREMAM (CNRS/Aix Marseille Univ) et Peter Sinclair, artiste et enseignant, laboratoire Locus Sonus Vitae, s’entretiennent avec les intervenants pour approfondirent les points et les questions soulevées au cours de ces deux journées d’études.

Les discussions retransmises en direct à travers une radio web ont été enregistrées et sont accessibles via ce lien [Plateau radio – Ecouter, du corps à l’environnement] sur le site Locus Sonus Vitae.

Comité d’organisation

Cédric Parizot, IREMAM (CNRS/Aix Marseille Université)
Peter Sinclair, Locus Sonus Vitae (Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence)
Pénélope Patrix, Responsable des relations internationales et de la recherche (Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence), chercheure associée au CEComp, U. Lisbonne

Partenariat

Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence
Institut de recherche et d’études sur les mondes arabes et musulmans
Ministère de la Culture et de la Communication
Centre national de la recherche scientifique
Aix Marseille Université

Image principale: Cédric Parizot, Alès, 2021

Recherche, art et participation #2: filmer l’hôpital pendant le COVID

14 mars 2024
16h-19h
Amphithéâtre
Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme
5 rue du Château de l’horloge
13097 Aix en Provence

Projection-débat ”Le souffle court” (2023)

Cette seconde séance du cycle de séminaires du projet REAP propose de réfléchir à la manière de filmer l’hôpital face à la crise du Covid. Comment filmer quand le monde est mis à l’arrêt, quand on ne peut plus se déplacer ? Comment filmer ce qui nous arrive ? Comment filmer dans ces conditions ce qui s’apparente à une politique publique ?
En mars 2020, un collectif bruxellois de réalisatrices et de réalisateurs trouve des solutions pour que les travailleuses et travailleurs hospitaliers partagent avec eux leur engagement, leur combat, leur souffrance. Au fil des mois, la parole évolue. Plus l’usure se fait sentir, plus le film met en lumière les défaillances des politiques publiques passées dans le système de soins, en miroir de notre désarroi.
Discussion en présence d’Olivier Magis, réalisateur, introduite par Francesca Sirna, sociologue, CNRS/CNE, et par Clément Dorival, réalisateur.

Une séance co-organisée dans le cadre des séminaires Images du politique et politiques de l’image en Méditerranée (IPPI Med) (Coord : Ph. Aldrin (Mesopolhis), P. Cesaro (Prism), P. Fournier (Mesopolhis), V. Geisser (Iremam)) et Recherche, art et participation (REAP) (Coord : É. Balteau (Prism), P. Cesaro (Prism) et C. Parizot (Iremam))
Avec l’appui du Comité du film ethnographique au titre du Festival Jean Rouch « hors-les-murs »

Masterclass

Cette projection-débat sera précédée d’une masterclass avec le réalisateur Olivier Magis, animée par Caroline Renard et Pascal Cesaro (enseignants en Cinéma) avec les étudiants du master Cinéma et audiovisuel.

14 mars 2024
9h à 12h
Bâtiment Turbulence, salle de projection, campus Marseille Saint-Charles

Contact : pascal.cesaro [at] univ-amu.fr

Comité d’organisation

Emilie Balteau, sociologue et documentariste, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Pascal Cesaro, enseignant-chercheur en cinéma, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Cédric Parizot, anthropologue, chargé de recherche, IREMAM, CNRS, Aix Marseille Univ

Workshop Streambox Drop

15-17 Février 2024
Lab Gamerz
Patio du bois de l’Aune
Aix-en-Provence

Bricoler, percher et écouter des micros ouverts

Ce workshop de 3 jours sera dédié à la réalisation, le placement et l’écoute d’un « microphone ouvert » temporaire. Il implique des étudiants de Master d’anthropologie d’Aix Marseille Université, de Toulouse Jean Jaurès et des étudiants de l’Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence.

Le workshop comporte trois volets

Photo: Cédric Parizot, 2024

1/ Jour 1 et 2: Assemblage de têtes binaurales autonomes, capable d’envoyer un stream pendant 48h.

Les 5 binômes d’étudiants se sont répartis en 3 groupes:
– un groupe avec Grégoire Lauvin : assemblage des micorphone (cables, soudures des jacks, soudures micros, montage des cables en Y)
Photo: Cédric Parizot, 2024

– un groupe avec Stéphane Cousot pour la configuration et de paramétrage des Streambox (Rasberry pi, cartes son, configuration du compte Locustream, test)
Photo: Cédric Parizot, 2024

– un groupe avec Peter Sinclair pour la fabrication des têtes binaurales à partir de tuyaux PVC, oreilles imprimés en 3D et support en bois découpés au lazer et fabrication de bonnettes anti-vent.
Photos: Cédric Parizot, 2024

2/ Choix de l’emplacement et pose des têtes binaurales dans l’espace urbain

L’après-midi du 16 février, les binômes ont été placer les streambox dans l’espace urbain d’Aix-en-Provence: l’une a été accrochée à un balcon d’un appartement près de la place de la Rotonde, la seconde a été placée dans les fourrés sur un chemin longeant le parc Jourdan, la troisième a été accroché en hauteur sur une grille sous un pont au centre ville.

A 500 m de la Rotonde

Dans les fourrés du parc Jourdan

Sous un pont (Photo: Marie Claire Abdel Kader, 2024)

D’autres emplacements ont été recherchés le matin du 17 février.

Dans un supermarché

Près d’un aérodrome

3/ Écouter, analyser et décrire le flux sonore de son microphone à distance, réfléchir à un mode d’écoute et un mode de notation etc.

Encadrement et partenariat

Les étudiants seront encadrés par Peter Sinclair (artiste et enseignant, Locus Sonus Vitae), Cédric Parizot (anthropologue) et Virginie Dubois (artiste, compositrice et chercheure), Grégoire Lauvin (artiste-chercheur, Lab Gamerz et Locus Sonus) et Stéphane Cousot (Locus Sonus) et François Parra (artiste et enseignant, Locus Sonus Vitae).

Il s’inscrit dans le partenariat entre Locus Sonus Vitae et l’Institut de recherche et d’étude sur les mondes arabes et musulmans dans le cadre du programme la Recherche par l’écoute (programme cadre CNRS/Ministère de la Culture).

Recherche, art et participation, le programme

Introduction

Le programme Recherche, art et participation (REAP) propose de mettre en œuvre au cours des deux années à venir (2024-2025) une série d’expériences à la croisée des sciences humaines et sociales, de l’art et de la science participative pour tester différents modes d’enquête et de diffusion des résultats de la recherche. Il est résolument interdisciplinaire : il réunit des anthropologues, des sociologues, des historiens, des politistes, des cinéastes, ainsi que des plasticiens, des artistes sonores et du spectacle vivant. Collaboratif et participatif, il intègre les citoyens dans les processus de recherche, de production et de circulation du savoir et de la création.

Cette démarche vise trois objectifs :
1) Réévaluer les capacités de nos dispositifs de recherche contemporains à saisir les changements de notre monde ;
2) Explorer d’autres positionnements des chercheurs et des artistes dans la société ;
3) Renouveler les modes de co-production, de partage et de circulation du savoir.

Enquêtes, séminaires et ateliers expérimentaux

Deux enquêtes seront mises en oeuvre sur des terrains distincts de la région Provence Alpes Côte d’Azur, où s’opèrent des grandes transformations de notre monde contemporain. La première enquête, coordonnée par Cédric Parizot, se déploie dans la vallée de la Roya. Elle cherche à saisir, par l’écoute, la création sonore et la cartographie alternative, les circulations et les reconfigurations des limites qui façonnent cette vallée.
La seconde enquête portée par Pascal Cesaro, à Marseille explore, à partir de l’archive audiovisuelle et de sa déconstruction par les personnes concernées, un métier méconnu du travail social : celui des aides aux mères et aux familles à domicile.
Au cœur de ces deux enquêtes l’accent sera mis sur la collaboration étroite avec les citoyens.

Le second axe du programme REAP articule un cycle de séminaires qui expérimente des moyens innovants de production et de présentation de la recherche (performances, installations, projections, etc.) et des ateliers expérimentaux (masterclass et workshops) qui offrent des formes inédites de formation (à la vidéo, au cirque, au théâtre, à la création sonore, etc.). Ces initiations sont à destination des collègues intéressés, et de leurs étudiant/es (Master, Doctorat), avec l’idée de favoriser une synergie entre les initiatives et expériences art-science existantes au sein de l’Institut SoMuM et de l’Université d’Aix Marseille.

Comité d’organisation

Emilie Balteau, sociologue et documentariste, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Pascal Cesaro, enseignant-chercheur en cinéma, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Cédric Parizot, anthropologue, chargé de recherche, IREMAM, CNRS, Aix Marseille Univ

Logo: Hélène Tilman

Recherche art et participation (2024-2025): séminaires et ateliers

Performances, installations, documentaires

Le séminaire du programme REAP (Recherche, art et participation) accueille des formes d’intervention expérimentales (performances, installations, documentaires, plateaux radio, etc.) au croisement de la recherche, de l’art et des pratiques citoyennes.

Les déplacements provoqués par ces expérimentations visent trois objectifs: d’une part, susciter un retour critique sur la capacité des pratiques et dispositifs de recherche contemporains à saisir et à communiquer autour des transformations de notre monde ; d’autre part, explorer de nouvelles façons de faire de la recherche et de la création ; enfin, en inventant et en éprouvant de nouvelles formes de collaboration avec artistes et citoyens, expérimenter d’autres modes de positionnement des chercheurs et des chercheuses en société.

Un cycle d’ateliers sera proposé en écho au séminaire. Il permettra aux participant/es d’expérimenter ou de s’initier à des collaborations entre approches artistique et scientifique, avec des intervenant/es impliqué/es dans le cinéma documentaire, la création sonore et le spectacle vivant. Il s’agira à chaque fois de mettre à profit l’expertise d’un des professionnels impliqués dans les travaux abordés lors du séminaire, pour éprouver la fabrique de la recherche-création à travers l’approfondissement d’un aspect spécifique du travail (le montage, la prise de son, etc.)

S’adressant aux chercheurs/ses et étudiant/es d’Aix-Marseille Université et de l’Institut SoMum, le séminaire et les ateliers du programme REAP entendent participer à fédérer les initiatives de recherche-création locales et à promouvoir l’analyse de ces travaux singuliers, dans une perspective de structuration du champ de la recherche et de la formation.

Programmation

REAP #1 (séminaire) : cirque et anthropologie


– Performance (30′) “Habiter le trouble Habiter le trouble avec un cyborg anthropolojonglique” de Sylvain Pascal et Cédric Parizot
– Soirée de lancement du programme REAP
Jeudi 18 janvier 2024
16h-18h
Salle de convivialité de la MMSH
5, rue du Château de l’Horloge Aix-en-Provence

REAP #2 (séminaire) : cinéma et sciences sociales


Projection du documentaire “Le souffle court”, sur le travail du soin en période de confinement (film collectif, Belgique, 2023)
Jeudi 14 mars 2024
16h-18h
Salle de convivialité de la MMSH
5, rue du Château de l’Horloge Aix-en-Provence

REAP #3 (masterclass) : cinéma documentaire


Masterclass avec Olivier Magis, documentariste, co-réalisateur du « Souffle court » (2023)
Jeudi 14 mars 2024
9h30-12h30
Turbulence – AMU
3, place Victor Hugo 13331 Marseille

REAP #4 (atelier et séminaire) : cinéma et sciences sociales


Filmer la formation au travail domestique et au care
Turbulence – AMU
3, place Victor Hugo 13331 Marseille
14h-15h30 : Atelier autour de la thèse filmique en cours de Guillaume Cuny Le choix des autres autour du Bac Pro ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne)
16h-19h30 : Masterclass avec Sung-A Yoon, réalisatrice et artiste franco-coréenne + Projection-débat autour de son film Overseas (2019) sur un centre de formation au travail domestique aux Philippines

REAP #5 (séminaire) : bande dessinée et sciences sociales

Avec Pascal Génot, auteur de Bourdieu. Une enquête algérienne (Steinkis, 2023)
Jeudi 16 mai 2024
MMSH
5, rue du Château de l’Horloge
Aix-en-Provence

(La suite du programme bientôt)

Comité d’organisation

Emilie Balteau, sociologue et documentariste, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Pascal Cesaro, enseignant-chercheur en cinéma, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Cédric Parizot, anthropologue, chargé de recherche, IREMAM, CNRS, Aix Marseille Univ

Image principale: Montage Emilie Balteau, Photos Emilie Balteau et Cédric Parizot

Recherche, art et participation #1

18 janvier 2024
16h-18h
Salle de convivialité
Bâtiment C
Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme
5 rue du Château de l’horloge
13097 Aix en Provence

Habiter le trouble avec un cyborg anthropolojonglique

Ce premier séminaire du projet REAP propose une performance (30’) entre cirque et anthropologie. Sylvain Pascal (jongleur) et Cédric Parizot (anthropologue) s’interrogent sur les modes de communication qui se sont instaurés entre leurs corps en 2021 lors d’un parcours d’une semaine dans le quartier de Rochebelle à Alès pour la 14ème errance du projet PÉRIPLE du collectif Protocole. “Habiter le trouble avec un cyborg anthropolojonglique” est une performance expérimentale qui invite le public à réfléchir avec eux aux intercorporéités complexes mises en oeuvre lors de leur errance mais aussi à éprouver les frontières de leurs disciplines.
[pour plus d’info]

Discussion et présentation autour du projet REAP

Cette performance sera suivie d’une discussion et d’une présentation du projet REAP (Recherche art et participation) en compagnie de Pascal Cesaro , enseignant-chercheur en cinéma, PRISM, Sylvain Pascal, jongleur, collectif Protocole, Cédric Parizot, anthropologue, IREMAM.

– Bord plateau avec Sylvain Pascal et Cédric Parizot
– Présentation du projet Recherche, art et participation par Pascal Cesaro et Emilie Balteau
– Table ronde avec la participation de Chloé Béron, directrice générale du CIAM (Centre international des arts en mouvements),de Sylvie Mazzella, sociologue, directrice de l’institut SoMuM, Cyril Isnart, anthropologue, directeur de la MMSH, de Vincent Geisser, politiste, directeur de l’IREMAM, Olivier Tourny, ethnomusicologue, IDEAS.

Comité d’organisation

Emilie Balteau, sociologue et documentariste, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Pascal Cesaro, enseignant-chercheur en cinéma, PRISM, Aix-Marseille univ, CNRS
Cédric Parizot, anthropologue, chargé de recherche, IREMAM, CNRS, Aix Marseille Univ

Image principale: Collectif Protocole

Recherche création: Tim Shaw « Ambulation »

Mardi 07 novembre 2023 14h-17h
Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence
Rue Emile Tavan
13100 Aix en Provence

Performance

« Ambulation » est une marche sonore qui utilise des techniques de captation et d’écoute en direct et sur le terrain pour créer une performance marchée. Improvisée par l’artiste, cette performance sonore induit un autre couplage entre nos systèmes sensoriels et les paysages sonores de la ville. Ce mardi 7 novembre 2023, à Aix-en-Provence, elle invitera les étudiants de l’Ecole supérieure d’art et du département d’anthropologie d’Aix-Marseille Université à remettre en jeu leur rapport aux espaces vibratoires de leur quotidien et à s’interroger sur la place du son au sein de ceux-ci. Ces questions seront ensuite discutées avec l’artiste et les deux encadrants (Peter Sinclair et Cédric Parizot) au sein de l’amphithéâtre de l’Ecole supérieure d’art.

Séminaire

Cette performance et ce séminaire sont organisés dans le cadre du programme « La recherche par l’écoute », coordonné par Locus Sonus-Locus Vitae (Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence) et l’Institut de recherche et d’études sur les mondes arabes et musulmans (Aix-Marseille Université/CNRS)

– 14h Rendez-vous devant l’entrée de l’école ou dans le hall d’accuiel selon la météo pour organiser les promenades sonores.

– 14h15 – 16h déambulations par groupes de 18 personnes.

– 16h – 17h conférence, discussion à l’amphithéâtre de l’école.

Tim Shaw

L’artiste et chercheur Tim Shaw travaille avec le son, la lumière et les médias de communication pour créer des performances, des installations et des interventions adaptées au site. Sa pratique couvre l’art sonore environnemental, les médias numériques, l’archéologie médiatique, la marche et la création d’installations.
Auparavant, Tim a développé des mécanismes artistiques pour écouter les mondes sonores des insectes, créé des promenades sonores augmentées, conçu des performances pour des appareils à haute tension, diffusé la radio à travers les arbres, écouté la latence du réseau à travers des cloches étirées dans le temps et extrait du matériel musical des roches. Il présente fréquemment son travail lors de festivals, dans les forêts, les grottes, les entrepôts, en montagne, ainsi que dans les musées et galeries d’art du monde entier.
La collaboration est au cœur de son approche et il s’est engagé dans des partenariats interdisciplinaires avec des musicologues médiévaux, des data scientists, des anthropologues, des géologues, des architectes et des astrophysiciens. Il a eu la chance de réaliser des travaux artistiques avec Chris Watson, Phill Niblock, John Bowers, John Richards (Dirty Electronics), Tetsuya Umeda, Jacek Smolicki et Sébastien Piquemal (parmi bien d’autres).

Image principale: Ambulation – Sonic Protest, Paris, France, crédits, Vincent Ducard, 2021

antiAtlas Journal #6 : Lauren Lee McCarthy, You Can Say

La revue antiAtlas Journal invite pour son n°6 « Hétérographies » l’artiste Lauren Lee McCarthy, qui s’intéresse aux enjeux des relations sociales dans un contexte de surveillance, d’automatisation et de vie algorithmique, avec l’article You Can Say :

« Un logiciel est un ensemble d’instructions, un code ou un script. J’applique alors une logique similaire aux interactions sociales, en me comportant moi-même comme une interface pour les autres. Mais il y a toujours une part d’humanité dans un protocole social, alors qu’une machine exige une série précise d’instructions, faute de quoi elle échoue. Ainsi, au mesure que la technologie se rapproche de nous, les scripts commencent à se confondre. »

antiatlas-journal.net/06-lauren-lee-mccarthy-you-can-say (english)

La revue antiAtlas Journal est dédiée aux enjeux et aux formes contemporaines des frontières. Son n°6, Hétérographies, s’intéresse aux manières dont les humains s’écrivent eux-mêmes et écrivent « leurs autres ». Il s’origine dans une réflexion menée au sein de l’Institut d’ethnologie méditerranéenne européenne et comparative d’Aix-en-Provence (IDEMEC), à partir d’une relecture croisée des travaux de Michel de Certeau sur l’écriture et de ceux d’André Leroi-Gourhan sur le style. Il réunira des articles de Crys Aslanian & Ludmilia Postel, Claire Lapique & Ana Maria Lozano Rivera, Lauren Lee McCarthy, Manoël Pénicaud et Patrick Suter, qui seront publiés individuellement entre juin et septembre 2023. Coordination du numéro : Eléonore Armanet, Thierry Fournier, Cédric Parizot et Manoël Pénicaud.
Design de la revue et ds articles : Thierry Fournier.

Lauren Lee McCarthy

Lauren Lee McCarthy crée des pièces qui humanisent ou incarnent les rôles que jouent les appareils intelligents ou les technologies, pour questionner la manière dont elles infléchissent les relations sociales. Elle met en jeu un large spectre de médias comme les installations, la performance, l’intelligence artificielle et les œuvres interactives. En 2017, avec l’œuvre LAUREN, elle a invité des participant·es à installer un système d’assistance personnelle virtuelle à leur domicile, similaire à sur Amazon Alexa – la différence essentielle étant que le dispositif était animé 24/7 par l’artiste elle-même. Elle a ensuite renversé les rôles avec son projet SOMEONE, où des participant·es avaient accès et contrôle 24/7 au domicile de l’artiste. SOMEONE a reçu le Golden Nica d’Ars Electronica et le Japan Media Arts Social Impact Award, et LAUREN a reçu le prix DocLab de l’IDFA pour la non-fiction immersive.

Ses œuvres ont été exposées dans le monde entier, notamment au Barbican Centre, au Fotomuseum Winterthur, à la Haus der elektronischen Künste, au SIGGRAPH, au Onassis Cultural Center, à l’IDFA DocLab, à la Science Gallery Dublin, au Seoul Museum of Art et au Japan Media Arts Festival. Elle a bénéficié de bourses et de résidences de Creative Capital, United States Artists, LACMA, Sundance New Frontier, Eyebeam, Pioneer Works, Autodesk et Ars Electronica. Elle est également la créatrice de p5.js, une plateforme d’art et d’éducation open-source qui donne la priorité à l’accès et à la diversité dans l’apprentissage du code, et qui compte plus de 10 millions d’utilisateurs. Elle a développé ce travail dans son rôle de 2015 à 21 au sein du conseil d’administration de la Processing Foundation, dont la mission est de servir ceux qui n’ont historiquement pas eu accès aux domaines de la technologie, du code et de l’art dans l’apprentissage des logiciels et de l’alphabétisation visuelle. Lauren est professeur à l’UCLA Design Media Arts. Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de l’UCLA, d’une licence en informatique et d’une licence en art et design du MIT.

Mots-clés : art, scripts, protocoles, code, communication, voix, rupture, présence

antiAtlas Journal

Directeur de la publication : Jean Cristofol
Directeur de rédaction : Cédric Parizot
Directeur artistique : Thierry Fournier
Comité de rédaction : Jean Cristofol, Thierry Fournier, Anna Guilló, Cédric Parizot, Manoël Penicaud
Production : IREMAM, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (UMR7310, Aix Marseille Université/CNRS), Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (Idemec)

Revue numérique annuelle, bilingue et gratuite, antiAtlas Journal est dédiée à la recherche sur les enjeux et les formes des frontières contemporaines. La revue prolonge les réflexions et les expérimentations menées par le groupe de recherche antiAtlas des frontières : colloques, publications, conférences, expositions… Reposant sur une collaboration entre chercheurs et artistes, elle expérimente de nouvelles pratiques d’édition et de modélisation de la recherche. Elle est consultable sur le web (desktop, tablettes et mobiles) et en PDF.

Conçue et dirigée par Thierry Fournier, la conception éditoriale et le design de la revue s’emparent des potentialités d’une publication numérique pour étendre l’expérience de lecture de textes de recherche. Son design en « articles-paysages » renouvelle radicalement l’approche des textes de recherche. En ouvrant des voisinages et de circulations multiples entre textes et images, il autorise des parcours transversaux et des échelles variables de perception, qu’une organisation linéaire ne permettrait pas – bien qu’elle soit toujours disponible dans la version PDF. Certaines très grandes images débordent largement des écrans : la circulation exclusive dans une image devient un des récits proposés, au même titre que la circulation dans un texte.

antiAtlas Journal #6 : Patrick Suter, Hétérographies et polyphonies littéraires

La revue antiAtlas Journal invite pour son n°6 Hétérographies l’écrivain, critique et traducteur suisse Patrick Suter, professeur extraordinaire de littératures de langue française contemporaines à l’Université de Berne, avec l’article Hétérographies et polyphonies littéraires :

« En mettant en relation deux œuvres monumentales (Le Parthénon des livres de Marta Minujín et Le Génie du lieu de Michel Butor), et tout en opérant un tournant qui mène de l’art contemporain aux littératures de langue française, cet article étudie les procédures d’exclusion dans l’espace politique ainsi que les moyens de rapprocher des voix appartenant à des espaces culturels ou sociaux différents.»

antiatlas-journal.net/06-patrick-suter-heterographies-et-polyphonies-litteraires

antiAtlas Journal est dédiée aux enjeux et aux formes contemporaines des frontières. Son n°6 Hétérographies s’intéresse aux manières dont les humains s’écrivent eux-mêmes et écrivent « leurs autres ». Il s’origine dans une réflexion menée au sein de l’Institut d’ethnologie méditerranéenne européenne et comparative d’Aix-en-Provence (IDEMEC), à partir d’une relecture croisée des travaux de Michel de Certeau sur l’écriture et de ceux d’André Leroi-Gourhan sur le style.

Il réunit des articles de : Crys Aslanian & Ludmilia Postel, Claire Lapique & Ana Maria Lozano Rivera, Lauren Lee McCarthy, Manoël Pénicaud et Patrick Suter, qui seront publiés individuellement entre juin et septembre 2023.

La coordination du numéro est assurée par Eléonore Armanet, Thierry Fournier, Cédric Parizot et Manoël Pénicaud. Le design de la revue et de chaque article est conçu par Thierry Fournier.

Patrick Suter

Patrick Suter est professeur de littératures de langue française contemporaines à l’Université de Berne (théorie et histoire de la culture). Il a interrogé les relations entre presse et littérature de Mallarmé à Rolin (Le journal et les Lettres, MētisPresses, 2 volumes). Ses champs de recherche embrassent les avant-gardes, la dramaturgie, la poésie, l’interculturalité et l’étude des frontières en littérature. Sur le plan littéraire, il a publié Le Contre-geste (La Dogana, 1999), Faille (MētisPresses, 2005), et Frontières (Passage d’encres, 2014). En tant que traducteur, il s’est consacré à la poétesse allemande Annette von Droste-Hülshoff (Tableaux de la lande et autres poèmes, La Dogana, 2014). Il a codirigé des publications collectives sur Pinget (Robert Pinget. Inédits, Revue des Sciences Humaines, 317, 2015), sur l’interculturalité (Regards sur l’interculturalité, MētisPresses, 2016), sur Goldschmidt (Georges-Arthur Goldschmidt – Überqueren, überleben, übersetzen, Wallstein,2018), sur Butor (Michel Butor et la radio, Komodo 21, 15, 2021 ; Cahier Butor 2 : Michel Butor et les peintres, 2022) et sur la poétique des frontières : Poétique des frontières. Une approche transversale des littératures de langue française, MētisPresses, 2021).

Ouvrages parus sur les frontières :

– Patrick Suter, Frontières, Guern, Passages d’encres, Trace(s), 2014.

« Elles sont l’impensé de la mondialisation. Plus actuelles que jamais. Elles n’ont jamais disparu, ne disparaîtront pas, ne peuvent disparaître. Elles ont produit, produisent, produiront des effets considérables. Elles déterminent l’organisation du monde. Frontières géographiques. Politiques. Culturelles. Sociales. Urbaines. Écologiques…
Patrick Suter a voulu les saisir de façon synthétique. Dans leur diversité. Par-delà les représentations partielles et subjectives qui abondent. Il fallait les faire éprouver au public. Inventer un appareil nouveau. Prendre en compte l’espace de façon inédite. Tresser une écriture polyphonique.
Les frontières devaient s’affronter. L’espace se fendre, se tendre. Le livre est comme un chœur, dissonant, divergent. Comme un labyrinthe moderne, offert à la méditation. Il insiste obstinément. Telle une prière – telles les frontières. À chacune d’elles, le lecteur peut être arrêté. Saisi de crainte. »

– Patrick Suter & Corinne Fournier Kiss (dir), Poétique des frontières. Une approche transversale des littératures de langue française (XXe-XXIe siècles), , Genève, MētisPresses, « Voltiges », 2021
ISBN : 978-2-940563-94-4 ; DOI: 10.37866/0563-94-4

Participant à l’organisation et à la mise en forme du monde, les frontières apparaissent également comme des lignes de forces dans de nombreuses œuvres littéraires. Périphériques ou centrales, statiques ou dynamiques, explicites ou implicites, pleines ou creuses, précaires ou tenaces, elles signalent des points de rupture ou des zones d’attraction dans les textes. Donnant lieu aux expériences les plus variées, elles engagent des formes et des esthétiques très différenciées.
À partir de cet objet commun, et en convoquant les débats récents sur la littérature mondiale, cet ouvrage invite à un voyage à travers les littératures de langue française. Il rejoint ainsi les préoccupations de la recherche contemporaine visant à décloisonner les différentes histoires littéraires nationales.

Mots-clés : Marta Minujín, Michel Butor, littératures de langue française, polyphonie, frontières.

antiAtlas Journal

Directeur de la publication : Jean Cristofol
Directeur de rédaction : Cédric Parizot
Directeur artistique et design des articles : Thierry Fournier
Comité de rédaction : Jean Cristofol, Thierry Fournier, Anna Guilló, Cédric Parizot, Manoël Penicaud

www.antiatlas-journal.net
contact@antiatlas-journal.net

Revue numérique annuelle, bilingue et gratuite, antiAtlas Journal est dédiée à la recherche sur les enjeux et les formes des frontières contemporaines. La revue prolonge les réflexions et les expérimentations menées par le groupe de recherche antiAtlas des frontières : colloques, publications, conférences, expositions… Reposant sur une collaboration entre chercheurs et artistes, elle expérimente de nouvelles pratiques d’édition et de modélisation de la recherche. Elle est consultable sur le web (desktop, tablettes et mobiles) et en PDF.

Conçue et dirigée par Thierry Fournier, la conception éditoriale et le design de la revue s’emparent des potentialités d’une publication numérique pour étendre l’expérience de lecture de textes de recherche. Son design en « articles-paysages » renouvelle radicalement l’approche des textes de recherche. En ouvrant des voisinages et de circulations multiples entre textes et images, il autorise des parcours transversaux et des échelles variables de perception, qu’une organisation linéaire ne permettrait pas – bien qu’elle soit toujours disponible dans la version PDF. Certaines très grandes images débordent largement des écrans : la circulation exclusive dans une image devient un des récits proposés, au même titre que la circulation dans un texte.

Production : IREMAM, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (UMR7310, Aix Marseille Université/CNRS), Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (Idemec)

Journées d’étude : MUCEM, « Warburg migrations : savoirs, images, personnes »

Journées d’étude, 30 et 31 mai 2023
MUCEM, Fort Saint-Jean – MucemLab
Entrée libre sur inscription à mucemlab@mucem.org
Mardi 30 mai 14h-18h30 et mercredi 31 mai 9h30-18h30

Avec : Lara Bonneau, Giovanni Careri, Emanuele Coccia, Philippe Despoix, Anna Dezeuze, Georges Didi-Huberman, Aude Fanlo, Camille Faucourt, Nicolas Feodoroff, Thierry Fournier, Sabine Guermouche, Anna Guilló, Axel Heil, Chourouk Hriech, Sarah Mekdjian, Robert Ohrt, Hélia Paukner, Mathieu Pernot, Simon Séguier-Faucher, Bill Sherman, Matteo Vallorani, Francesco Zucconi.

L’Atlas Mnémosyne est peut-être l’un des legs les plus puissants de l’anthropologue des images Aby Warburg (1866-1929), dont l’œuvre sera au cœur de ces journées d’étude. Avec plasticiens, théoriciens et conservateurs, il s’agira de réfléchir aux dimensions subjectives ou mémorielles que charrient les notions de migration ou d’exil (des personnes, des objets, de la culture), mais aussi d’envisager les enjeux méthodologiques et théoriques que ces usages soulèvent, ainsi que l’actualité de la forme atlas dans la création contemporaine.

Thierry Fournier et Anna Guilló présentent la revue antiAtlas-Journal et son projet.

Partenaires : Cehta-CRAL, EHESS-CNRS, MucemLab, INSEAMM, LESA, Aix-Marseille Université. Goethe Institut

Télécharger le programme complet des journées d’étude

antiAtlas #2, 2021 : On Countries and Hotels, Disassembling Narratives of Time and Place

Written by Beatrice Bottomley, and published into the antiAtlas Journal #2 this article focuses on a collection of short stories by the Palestinian writer Raji Bathish: On Countries and Hotels (2007). The stories take place in hotel rooms that are marked by the strong presence of media, or means of communication, allowing for a disassembling of linear time and place. To what extent does this enable the text to produce a space of movement? And what is the potential of such a space?

Read the article: https://www.antiatlas-journal.net/on-countries-and-hotels/

Beatrice Bottomley is a doctoral candidate at the Warburg Institute, University of London, supported by a studentship from the London Arts & Humanities Partnership. Her research interrogates the relationship between language and philosophy.

Appel à communication : « Paysages inouïs écouter | résonner | habiter »

8 au 10 avril 2021, Blois

Le 10e symposium international FKL (Klanglandschaft Forum – Forum pour le paysage sonore) est organisé avec l’Ecole de la nature et du paysage (INSA Centre Val de Loire), AAU-CRESSON et le Réseau International Ambiances.
Ce partenariat inédit s’inscrit dans une démarche prospective pour imaginer de nouvelles façons de considérer l’apport de la question sonore dans nos existences. Les situations expérimentales seront privilégier.

Pourquoi Paysages inouïs ?

La métaphore ouvre un champ libre pour l’imagination, l’impensé ou l’inconnu, mais aussi pour le passé et le futur, pour des scénarios sonores encore inexplorés. Cette image touche aussi au domaine multiforme de la perception auditive. Par l’intermédiaire des qualités auditives, des phénomènes acoustiques, des pratiques de conception spatiale, des créations artistiques et des expériences d’écoute, le son constitue une entrée transversale inspirante sur les paysages et les ambiances.

Cinq thématiques

– Dans quels paysages sonores aimerions-nous vivre ?
– Que pouvons-nous apprendre en écoutant le monde à venir ?
– Utopique / dystopique / hétérotopique ;
– Des écoutes différentes à travers les formes et les rythmes de la vie ;
– Quelles voies pour les actions collectives ?

Les auteurs, musiciens, scientifiques, artistes, étudiants, pourront envoyer des propositions scientifiques ou des compositions sonores, qui peuvent être soit des enregistrements audio, soit des compositions instrumentales écrites, soit des installations sonores, ou encore des propositions vidéo.
Parmi les propositions créatives il y a aussi la possibilité d’inventer et de proposer des jeux qui comportent, dans les modalités de déroulement ou comme objet même, une référence au son et à l’écoute. Des photos, des cartes, des enregistrements des lieux prévus pour les installations seront disponibles en ligne à partir du 30 septembre 2020.

Calendrier

Date limite de soumission des propositions : 30 novembre 2020
Télécharger l’appel à communication
Les informations

Contact AAU-CRESSON : Nicolas Tixier

Comité d’organisation :

FKL : Giuseppe Furghieri, Francesco Michi, Stefano Zorzanello
Ecole de la nature et du paysage INSA Centre Val de Loire, CNRS CITERES : Olivier Gaudin, Lolita Voisin
AAU- CRESSON ENSA Grenoble : Jean-Paul Thibaud, Nicolas Tixier.

Appel à contributions : Lexique de la dérive

Appel à contributions

Calypso36°21 lance un appel à contributions pour le Lexique de la dérive, ouvrage participatif produit dans le cadre d’Out.of.the.blue.map.

Le lexique rassemble des fragments de récits [mots, expressions, lieux, images, lois] dans le but de composer des paysages frontaliers alternatifs, d’expérimenter de nouvelles façons de percevoir et de donner sens aux espaces frontaliers méditerranéens [fluides+solides]. A la fois lieu de passage et de rupture, la Méditerranée constitue un territoire liminal pour certain.e.s de ceux.celles qui la traversent. Le travail autour du lexique permet de déconstruire ce territoire et de s’affranchir des narrations imposées en explorant leurs angles-morts.

Résultat de 2 ans de collaborations, cet objet éditorial évolutif se compose de contributions d’artistes, d’activistes, de juristes, de chercheuses.eurs, d’architectes et de personnes dont le travail, les récits et imaginaires convoquent, contestent et questionnent ces paysages frontaliers. L’ouvrage sera développé, édité et exposé tout au long du programme [expositions+ateliers+rencontres] au Maroc, en France et aux Pays-Bas. Il sera traduit en arabe, en français et en anglais.

Calendrier de publications

Version 1. Date limite des contributions le 21 février 2020. La version 1 sera exposée à l’International Community Arts Festival à Rotterdam, du 24 au 29 mars 2020. Il sera utilisé comme outil de travail au sein d’un atelier organisé pendant le festival.

Version 2. Date limite des contributions le 5 mai 2020. La version 2 sera présentée au sein l’exposition collective organisée à Mahal Art Space, à Tanger, du 28 mai au 29 juin 2020. Il sera utilisé comme outil de travail au sein des 2 ateliers organisés à Tanger en marge de l’exposition. Cette version sera imprimée en risographie dans l’atelier de Kulte Print Studio à Rabat.

Version 3. Date limite des contributions le 1er septembre 2020. La version 3 sera présentée au sein l’exposition collective organisée à Marseille dans le cadre du programme Les Parallèles du Sud de la biennale Manifesta13, du 18 septembre au 16 octobre 2020.

Contribuer au lexique : calypso3621 [at] gmail.com

Documentaire: Histoires de voir

Un documentaire réalisé par Alice, Anaïs, Camille, Lucie, Maëlie, Madhi et Manon, Master Pro Ecritures documentaires de Pascal Cesaro.
Aix Marseille Université – 2018

Ce film documente une rencontre avec des chercheuses en sciences humaines et sociales venues expérimenter l’écriture vidéographique lors du workshop Regarder ailleurs, écouter loin, création vidéo animé par par François Lejault, vidéaste et professeur à l’ESA Aix-en-Provence (http://lejault.com/) et Nada Rezk, vidéaste égyptienne. Ce workshop a été organisé dans le cadre du Forum 2018 du Groupement d’intérêt scientifique Moyen Orient Mondes Musulmans, intitulé (D’) Ecrire les mondes arabes et musulmans au 21ème siècle.

Le fait divers est un grand déclencheur d’imaginaire. Il dessine souvent un détail frappant d’une société, de son évolution, de ses difficultés, de ses travers. Du ridicule au tragique, de l’absurde au fantastique, la palette est généreuse et foisonnante. Mais comment ces récits de morceaux de vies se transforment de l’oralité ou du compte rendu journalistique à la forme filmique? Comment le passage d’un médium à l’autre va-t-il amplifier, détourner, décadrer ces histoires du quotidien?

C’est ce déplacement entre le récit factuel et sa mise en image et sons auquel se sont confrontés les participants du workshop Regarder ailleurs, écouter loin, création vidéo. A partir des récits colportés par chacun d’entre eux, ils ont élaboré de petites formes filmiques courtes et bricolées dans une urgence créative et avec un souci de précision dans les choix esthétiques. Ils ont exploré avec gourmandise tous les possibles offerts par le numérique en revendiquant le mélange et l’hybridation entre les registres et les techniques.
Les formes filmiques ont été projetées le 1er octobre 2018 dans le salon jouxtant l’auditorium de l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence.

Documentaire: De l’anthropologie au jeu vidéo

Ce film a été réalisé à l’automne 2018 lors du Forum du Groupement d’intérêt scientifique Moyen Orient Mondes Musulmans par Melissa Robert et Lucille Roche (Master Pro documentaire, Aix Marseille Université). Il propose une réflexion sur le rapprochement entre Arts et Sciences à partir de la présentation du projet de recherche mené par Cédric Parizot, Douglas Edric Stanley et Robin Moretti A Crossing Industry qui aboutira à la création d’ un jeu vidéo documentaire et artistique.

Appel à candidatures pour participer aux worshops recherche-création : (D’)Ecrire les mondes arabes et musulmans

Ces workshops recherche-création sont organisés dans le cadre du FORUM GIS Moyen Orient Mondes Musulmans 2018
28 septembre 1er octobre 2018
Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence

(D’) Ecrire les mondes arabes et musulmans

Tous les deux ans, le Groupement d’intérêt scientifique Moyen Orient et mondes musulmans (http://majlis-remomm.fr/) organise un forum destiné à engager un dialogue entre les chercheurs travaillant sur cette aire culturelle et les acteurs de la société civile (enseignants du secondaire, journalistes, associations, grand public, etc.).

Du 28 septembre au 4 octobre 2018, à travers différents dispositifs d’engagement avec le public (workshops de recherche-création, colloques, ateliers de formation, spectacle vivant, projections de documentaires, exposition) ce forum interrogera les pratiques d’écriture à travers lesquelles chercheurs, enseignants, mais aussi d’autres acteurs de la société (artistes, blogueurs, journalistes, éditeurs, réalisateurs) pensent, représentent et discutent des mondes arabes et musulmans. L’écriture est ici envisagée dans une acception élargie pour englober les textes, les arts plastiques, les films, les documentaires, le théâtre, les dispositifs numériques, etc.

Deux workshops de recherche-création destinés aux universitaires, enseignants du secondaire et étudiants

En collaboration avec l’Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence, nous ouvrons deux workshops de 3 jours (28-30 septembre 2018) qui seront encadrés par deux artistes enseignants. Le premier workshop, «Écritures ludiques interactives» sera animé par Douglas Edric Stanley (http://www.abstractmachine.net/blog/); le second, autour de la création vidéo «Regarder ailleurs – écouter loin», par François Lejault (http://lejault.com/). Ces workshops seront ouverts à des chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, enseignants et étudiants sélectionnés sur lettre de motivation et CV.
La participation à ces workshops est gratuite. Elle vise à permettre aux participants de se confronter et de s’initier à de nouvelles formes d’écriture impliquant la création vidéo et le numérique. Les œuvres réalisées au cours des trois jours seront exposées le 1er octobre 2018 dans le cadre d’une installation éphémère qui aura lieu à l’Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence.

Atelier hypermedia, Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence

Workshop 1 : Écritures ludiques interactives

A partir de binômes chercheur + artiste, ce workshop prendra appui sur les objets de recherche ou les thématiques enseignées par les participants pour construire rapidement des prototypes ludiques qui permettront d’en donner une autre présentation et une autre lecture. Des jeux de cartes aux jeux textuels en passant par des prototypes papier de jeux vidéo, les équipes s’inspireront des méthodes développées depuis de nombreuses années dans l’Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence pour présenter à la fin du workshop une maquette de jeu.

En effet, au lieu de simplement nous montrer les choses, le jeu nous les démontre. Lorsque nous jouons, nous ne saisissons pas simplement des objets, des gestes, de la parole : nous saisissons leur contexte et les règles qui leur permettent d’interagir entre eux. Le jeu n’est pas contradictoire au monde des images ou du texte, il introduit simplement une couche supplémentaire qui permet de comprendre le système qui régit leur fonctionnement. Les jeux peuvent être simples ou complexes, amusants ou sérieux, ils ont toujours ce point commun d’une interaction qui démontre le fonctionnement qu’il faut mettre en jeu pour comprendre.

Workshop 2 : Regarder ailleurs – écouter loin, création vidéo

A partir des faits divers amenés par chaque participant nous composerons des binômes pour explorer différents modes de narration. Travail d’écriture, mise en place d’un plan de tournage, tournage et montage, prise de son, mixage… Tout ce travail se fera en groupe. Nous serons accompagnés par des visionnages de films d’artistes qui ouvriront la discussion. Cet atelier sera co-animé par une réalisatrice égyptienne, Nada Rezq.


Kafr Ashry, 4,45′, François Lejault, 2015

Le fait divers est effectivement un grand déclencheur d’imaginaire. Il dessine souvent un détail frappant d’une société, de son évolution, de ses difficultés, de ses travers. Du ridicule au tragique, de l’absurde au fantastique, la palette est généreuse et foisonnante. Mais comment ces récits de morceaux de vies se transforment de l’oralité ou du compte rendu journalistique à la forme filmique? Comment le passage d’un médium à l’autre va amplifier, détourner, décadrer ces histoires du quotidien?

C’est ce déplacement entre le récit factuel et sa mise en images et sons qui nous intéressera. Nous construirons à partir des récits colportés par chacun d’entre vous de petites formes filmiques courtes et bricolées dans une urgence créative et avec un souci de la précision dans les choix esthétiques.

De la pixilation aux incrustations, du plan séquence au split-screen nous serons libres d’explorer avec gourmandise tous les possibles offerts par le numérique en revendiquant le mélange et l’hybridation entre les registres et les techniques. C’est dans cette diversité que nous pourrons regarder se construire notre regard et observer le médium développer sa propre dynamique.
Il n’y a aucun pré-requis pour participer à cet atelier à part un intérêt pour la chose filmique et une envie de raconter et de partager des histoires. Une connaissance basique de l’anglais sera un plus.

Comment présenter sa candidature ?

Il suffit d’envoyer une lettre de motivation d’une page maximum et un curriculum vitae puis de préciser le workshop auquel vous désirez participer avant le 5 juillet 2018 à l’adresse suivante, forumgismom@sciencesconf.org

Les chercheurs et enseignants devront présenter leurs domaines de recherche et préciser dans quelle mesure ils pourraient bénéficier des pratiques et des perspectives offertes par les formes de création artistiques (écriture ludiques interactives ou création vidéo).
Les artistes préciseront ce qui les intéresse dans le travail avec des chercheurs pour créer de nouvelles formes.

La sélection des communications sera faite par le comité scientifique et artistique du Forum. Les résultats seront communiqués aux candidats le 30 juillet 2018.

Comité scientifique chargé de l’évaluation des candidatures

Christian Merlhiot, directeur de l’Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence
Jean Cristofol, philosophe, Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence
François Lejault, artiste enseignant, Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence
Cédric Parizot, chargé de recherche au CNRS, Institut de recherche et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM, CNRS, AMU)
Douglas Edric Stanley, artiste enseignant, Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence

Jeu vidéo A Crossing Industry, 2018

Partenaires

Ecole supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE, AMU)
Institut de recherche et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM, CNRS, AMU)
Institut d’ethnologie européenne méditerranéenne et comparative (IDEMEC, CNRS, AMU)
Centre Norbert Elias (EHESS, CNRS, AMU)
Groupe d’intérêt scientifique Moyen Orient Monde Musulman (CNRS)
CHERPA (Institut d’études politiques d’Aix en Provence)
École Supérieure d’Art d’Aix en Provence
Institut d’études avancées d’Aix Marseille Université (IMéRA)
Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (MAEDI, CNRS)
Académie d’Aix Marseille
antiAtlas des frontières
Revue Moyen-Orient

Appel à propositions : Migrations, nos voix, nos chemins de traverse

Du 22 au 28 octobre 2018 se tiendra, à Marseille, une rencontre autour de tables-rondes, expositions, projections, spectacles. Ce croisement des pratiques, créations et réflexions cherchera à explorer comment imaginer de nouvelles manières de rendre visible les migrations, d’entendre la voix migrante. Face à l’urgence et à la complexité des situations, face à un modèle sociétal qui oscille entre images spectaculaires et mesures restrictives, nous souhaitons en effet nous poser ensemble la question de notre responsabilité : comment sortir du « grand spectacle » politique et médiatique pour penser nos productions de façon à « dire la vérité du mieux possible » (N. Chomsky) ?

UNE RENCONTRE ENTRE ARTS, SCIENCES ET MILITANCES

Si vous êtes artiste – musicien.nne, poète, écrivain.e, photographe, metteur.euse en scène, comédien.ne, peintre, sculpteur.trice… – et que vous souhaitez revenir sur une expérience ou un projet mené pour, avec et/ou par des personnes migrantes.
Si vous êtes intervenant.e social.e – bénévole, éducateur.trice, travailleur.euse social.e… – et que vous cherchez à mettre en lumière à la fois votre action et vos mobilisations, mais aussi celles des personnes aux côtés de qui vous vous engagez quotidiennement.
Si vous êtes doctorant.e.s ou chercheur.e.s – issus de toute discipline – et que vos travaux portent sur les thématiques migratoires et interrogent les liens possibles avec l’art.
Si au cours de votre vie, vous avez fait l’expérience de la migration et que vous êtes soit à l’origine soit associé à un projet artistique.

Vous avez jusqu’au 30 mai 2018 pour nous proposer vos participations !

Crédit : Claire Favre-Taylaz

POURQUOI PARTICIPER ?

La rencontre est pensée au carrefour de l’université, du monde associatif et du monde des arts, pour faire glisser les productions scientifiques vers les ‘laboratoires artistiques’ marseillais, et pour exposer les productions artistiques dans les lieux d’échanges et de débat : Créons des ponts !

C’est donc dans l’articulation de deux actions que nous nous retrouverons:
Des tables rondes, qui rassembleront des personnes de tous horizons – universitaires, artistes, migrant.e.s, intervenant.e.s sociaux.ales – pour débattre des thèmes liés aux migrations internationales et à notre responsabilité citoyenne.
Des soirées artistiques qui mettront à l’honneur des productions sur les migrations internationales en amenant les personnes présentes à s’interroger, à réfléchir et à agir.
L’idée est de faire de ces quelques jours un espace de rencontres, d’échanges et de débats, mais aussi un tremplin vers de nouvelles coopérations, de nouveaux projets, de nouvelles manières de faire avec.

QUEL PROJET PRESENTER ?

Jeunes chercheur.e.s en sciences sociales, nous pensons que le langage scientifique – à l’écrit comme à l’oral – peut peser sur la réalité sociale. Mais c’est également le cas du cri du dramaturge, du chant du musicien, du trait du peintre et de la langue du poète. Ici, l’art n’est pas pensé en termes de beauté, ou d’esthétisme, mais, comme une production, une fabrique de l’œuvre qui émerge – de façon plus ou moins douloureuse – au croisement de nos relations. Les réflexions sur ces fabriques d’œuvres pourront s’organiser autour de différentes questions :

Quels sont les différents recours à l’art pour un chercheur en études migratoires ? Comment la pratique artistique peut-elle devenir une méthode de fabrique des données ? Comment la production artistique peut-elle être matériau à analyser, aide au raisonnement scientifique et modalité de restitution ?
Comment l’art peut-il peser sur l’action sociale, transformer les représentations comme les pratiques ? Comment les expériences de la migration peuvent être exprimées, rendues visibles, mises en scènes par les différentes pratiques artistiques ?

Comment creuser notre volonté de travailler ensemble – artistes, intervenant.e.s sociales.aux, chercheur.e.s ? Au-delà d’une simple fonction illustrative (évitons le « prêt-à-faire » !), c’est la co-création que nous interrogeons : comment se rencontrent les corps, les émotions, les langages ? Quels sont nos protocoles d’opération et comment pouvons-nous les partager ?
En quoi nos coopérations pourraient permettre un renforcement de nos positions critiques face au discours dominant ? Comment mettre nos travaux au service d’une société plus cohérente ?

Nous proposerons enfin une lecture critique plus approfondie de ces pratiques de décloisonnement et des dilemmes rencontrés en route : Quels sens donner aux incompréhensions, aux impossibilités de dire, aux positions défensives, aux silences ? L’égalité entre les différents participants est-elle possible ? Finalement, quelles considérations éthiques peut-on prendre en compte ? Osons entrer dans les détails des conflits et incompréhensions !

Crédit : Claire Favre-Taylaz

COMMENT PROPOSER UN PROJET ?

Intéressé.e.s ? Nous vous invitons à vous référer à la version longue de l’appel et à nous faire parvenir en un seul fichier pdf à l’adresse (migrations.marseille2018@gmail.com)
les éléments suivants :

Crédit: Noémie Paté

Pour tous

Un court CV (comprenant nom, prénom, coordonnées précises, statut, organisme d’affiliation, adresse, numéro de téléphone portable obligatoire, adresse mail et intérêts de recherche) ;
Pour les personnes qui seront sélectionnées, des possibilités de financement sont envisageables. Le cas échéant, préciser le type de financement (transport, hébergement…) et le financement demandé.

Pour une communication “classique”

– L’axe retenu (sachant que les axes – et sous-axes – proposés sont non exhaustifs et que vous pouvez proposer une thématique non évoquée ou à mi-chemin entre deux axes) ;
– Le titre de la proposition ;
– Une présentation de la proposition de communication (1 000 mots max). Il ne s’agit pas d’un simple résumé mais d’un argumentaire sur le caractère critique de votre apport : comment votre présentation permet de penser de nouvelles façons de faire avec ;
Si la communication est associée à une production artistique (voir ci-dessous), le préciser et l’argumenter.

Pour une production artistique

– L’axe – ou les axes – dans lequel la production pourrait s’insérer ;
– Le titre et un résumé du projet ;
– Les conditions pratiques à prévoir (superficie d’exposition, matériel, financements, etc.)

Date limite de soumission

30 mai 2018

Crédit: Noémie Paté

QUI SOMMES NOUS ?

Le Tamis

Le Tamis – Anthropologies coopératives, une association de recherche et d’action qui conduit des activités à la croisée des sciences humaines et sociales, des arts et techniques et de l’éducation populaire.

Réseau migrations

Le Réseau Migrations, créé en 2014 à Poitiers, est un réseau pluridisciplinaire qui regroupe des masterant.e.s, doctorant.e.s, post-doctorant.e.s, praticien.ne.s et chercheur.e.s dont les objets d’étude intègrent le champ des migrations

Comité scientifique

Lucie Bacon, géographe, Migrinter, Telemme
Amandine Desille, géographe, Migrinter
Noémie Paté, sociologue, ISP

Crédit image de présentation: Étrange Miroir et Migreurop, Moving Beyond Borders

APPEL À COMMUNICATION, (D’)écrire les mondes arabes et musulmans

Cet appel concerne le colloque du second Forum du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans qui aura lieu du 1er au 4 octobre 2018
Ecole supérieure du professorat et de l’éducation – Aix Marseille Université
2 Avenue Jules Isaac
13626 Aix en Provence

Tous les deux ans, le Groupement d’intérêt scientifique Moyen Orient et mondes musulmans (http://majlis-remomm.fr/) organise un forum destiné à engager un dialogue entre les chercheurs travaillant sur cette aire culturelle et les acteurs de la société civile (enseignants du secondaire, journalistes, associations, grand public, etc.).

Interroger les modalités de production et de circulation de la connaissance

A l’automne 2018, ce forum portera sur les pratiques d’écriture à travers lesquelles chercheurs, enseignants, mais aussi d’autres acteurs de la société (artistes, blogueurs, journalistes, éditeurs, traducteurs, réalisateurs) pensent, représentent et discutent des mondes arabes et musulmans. L’écriture ici est envisagée dans une acception élargie pour englober les textes, les arts plastiques, les films, les documentaires, le théâtre, les dispositifs numériques, etc.

Interroger les pratiques d’écritures présente un triple intérêt :
– d’une part, celui de mieux comprendre les processus d’élaboration du savoir.
Les recherches sur les textes académiques ont montré combien ceux-ci sont consubstantiels à la production de la connaissance scientifique, et combien l’écriture est au cœur du processus de construction de nos objets de savoir. Sur le terrain ou lors de recherches dans les archives, c’est à travers elle que sont consignées les données récoltées ainsi que les premières réflexions. Les processus de classement et d’indexation participent à des mises en forme et « font sens », faisant de nos pratiques d’écriture des dispositifs à la fois d’objectivation et de subjectivation.

– d’autre part, celui de mieux cerner ses modalités de circulation du savoir.
Loin d’être neutres, les textes académiques sont profondément normés, standardisés. Depuis le 17ème siècle, l’écriture scientifique s’est progressivement constituée en opposition à la littérature en excluant un certain nombre de mécanismes expressifs de son répertoire légitime (la rhétorique, la fiction et la subjectivité). Forte de ces conventions et de celles que leur ont imposées progressivement les différentes disciplines, les formes d’écritures académiques ont fonctionné comme de puissants facteurs de reproduction sociale et ont régulé les conditions de production et de circulation du savoir. En définissant les façons légitimes de rendre compte du réel, les conventions d’écriture qui régissent la production des textes scientifiques fonctionnent comme autant de répertoires de distinction et de hiérarchisation. Ils jouent un rôle fondamental dans la reproduction des frontières entre les disciplines, mais aussi entre le monde académique et le reste de la société.

– et enfin, celui de mieux comprendre les modalités de formation et d’enseignement.
Les mondes arabes et musulmans constituent également un objet de l’histoire scolaire que les événements récents ont parfois conduit à appréhender au seul prisme du problème et de l’urgence, gommant l’appréhension d’enjeux culturels et artistiques indispensables à la compréhension plus fine du monde contemporain. La valorisation de telles approches passe par l’usage de nouveaux supports de transmission qui convoquent les outils numériques autant que la production artistique pour une mise en récit renouvelée.
En somme, en s’interrogeant sur les formats d’écritures ce forum réfléchira aux modes de production, de circulation et de diffusion de la culture scientifique.

Thématiques retenues

– Les écritures contemporaines : enjeux épistémologiques, méthodologiques et politiques,
– Les défis des écritures contemporaines à l’aune d’expériences passées,
– Traduction, édition, diffusion, valorisation : les passeurs de savoir,
– Supports et formats de l’enseignement,
– Écritures et expérimentations art-science,
– Recherche et écritures dans le monde numérique.

Un format au croisement de la recherche et de la création

Afin d’engager une réflexion critique autour des pratiques d’écritures sur les mondes arabes et musulmans, ce forum adoptera un format inédit en articulant sur les mêmes lieux et pendant une période de de 7 jours (28 septembre 4 octobre) sept dispositifs de communication et d’échanges avec le public. L’imbrication de ces dispositifs vise à mettre en perspective et en tension les différents modes d’écriture sur lesquels elles reposent:
(1) deux workshops de 3 jours avec des artistes-enseignants
(2) un colloque international,
(3) des ateliers de formation,
(4) des représentations de spectacles vivants,
(5) une exposition éphémère d’œuvres arts-sciences,
(6) projections de film,
(7) un parcours éducatif.

Le premier objectif de cet événement n’est donc pas de valoriser une forme d’écriture aux dépends d’une autre, ni de revendiquer une nouvelle doxa, mais plutôt d’articuler et de confronter différentes modalités de production de la connaissance et de la création qui se rencontrent encore trop rarement. Ce faisant, le forum du Groupement d’intérêt scientifique Moyen-Orient et mondes musulmans ouvrira un espace d’expérimentation au sein duquel l’ensemble des participants pourront aborder et mettre à l’épreuve librement des formes d’échange et de circulation de la connaissance qui ne sont pas toujours reconnues comme légitimes dans leurs champs respectifs.
Deuxièmement, en nous appuyant sur les partenariats entre nos différentes institutions ainsi que sur des supports permettant de réunir différents publics autour d’un même événement, nous cherchons à recréer du lien entre l’université, le secondaire et le milieu culturel et artistique.

Intervenants

Cet appel à communication s’adresse aux étudiants, enseignants et aux chercheurs de toutes disciplines, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs impliqués dans la production d’écritures sur les mondes arabes et musulmans : artistes, éditeurs, blogueurs, journalistes, réalisateurs, documentaristes, etc.

Envoi des projets de communication

Les projets de communication seront envoyés au comité de sélection à l’adresse suivante forumgismom@sciencesconf.org avant le 2 avril 2018 sous la forme d’un résumé de 300 à 400 mots. Les projets artistiques ou documentaires pourront être appuyés par des visuels (formats PDF) ou des liens vers des vidéos.

Sélection

La sélection des communications sera faite par le comité scientifique et artistique du Forum. Les résultats seront communiqués aux candidats le 2 mai 2018.

Membres du comité scientifique et artistique

Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU ; IMéRA, AMU)
Katia Boissevain (IDEMEC, CNRS/AMU)
Eric Chaumont (IREMAM, CNRS/AMU)
Jean Cristofol (Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence)
Sylvie Denoix (Orient Méditerranée)
Karima Direche (TELEMME, AMU, CNRS)
François Dumasy (IEP, Aix-en-Provence)
Aurélia Dusserre (IREMAM, AMU, CNRS)
Benoit Fliche (IDEMEC, CNRS/AMU)
Anna Guilló (LESA, AMU)
Juliette Honvault (IREMAM, CNRS/AMU)
Richard Jacquemond (IREMAM, CNRS/AMU)
Julien Loiseau (IREMAM, AMU/CNRS)
Elise Massicard (CERI, CNRS/Sciences Po, GIS MOMM)
Christine Mussard (IREMAM, CNRS/AMU)
Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)
Audes Signoles (IEP, Aix-en-Provence)

Comité d’organisation

Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU; IMéRA, AMU)
Katia Boissevain (IDEMEC, CNRS/AMU)
Jean Cristofol (Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence)S
Sylvie Denoix (Orient Méditerranée)
Karima Direche (TELEMME, AMU, CNRS)
François Dumasy (IEP, Aix-en-Provence)
Aurélia Dusserre (IREMAM, AMU, CNRS)
Aurelie Fillod Chabaud (IREMAM, CNE, AMU, CNRS)
Benoît Fliche (IDEMEC, CNRS/AMU)
Anna Guilló (LESA, AMU)
Juliette Honvault (IREMAM, CNRS/AMU)
Frédéric Leval (DAAC, Académie d’Aix Marseille)
Julien Loiseau (IREMAM, AMU/CNRS)
Elise Massicard (CERI, CNRS/Sciences Po, GIS MOMM)
Christine Mussard (IREMAM, CNRS/AMU)
Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)
Boris Petric (CNE, EHESS/CNRS/AMU)
Audes Signoles (IEP, Aix-en-Provence)

Coordination, coordination

Joel Belouet, Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence, chargé de communication, relations extérieures et partenariats
Jeanne Cadieux, responsable administrative du site de l’Ecole supérieure de professorat et d’éducation d’Aix en Provence
Carole Le Cloierec, IDEMEC (CNRS/AMU), chargée de la Culture, Communication, Production et diffusion des savoirs
Julie Karsenty, Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence, chargée des relations internationales et de la recherche
Isabelle Lenoir, IREMAM (CNRS/AMU), Gestionnaire administrative et financière
Marie Pierre Oulié, IREMAM (CNRS/AMU), chargée de communication et webmaster
Rihab Wafa, IREMAM (CNRS/AMU), coordination

Partenariats

IREMAM (UMR 7310)
IDEMEC (UMR 7307)
CHERPA, Institut d’étude politique d’Aix en Provence
Centre Norbert Elias (UMR 8562)
Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence (Mairie d’Aix en Provence)
Ecole supérieure du professorat et de l’éducation (Aix Marseille Université)
Groupement d’intérêt scientifique Moyen Orient Monde Musulman (CNRS)
Institut d’études avancées d’Aix Marseille Université (IMéRA)
Le projet LabexMed
Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (USR 3125)
Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (Tunis)
Centre Jacques Berque (Rabat)
antiAtlas des frontières
Revue Moyen Orient

Image: Mohamed Abusal, « Un métro à Gaza », installation photographique 2011

Exposition : Thierry Fournier, Machinal, Villa Henry, Nice

Exposition personnelle
Villa Henry, Nice
Commissaire d’exposition Isabelle Pellegrini

Du 25 mars au 28 avril 2018, sur RV
Vernissage en présence de l’artiste le 24 mars de 14h à 19h
Suivi d’une rencontre de 16h à 17h avec Thierry Fournier, Isabelle Pellegrini et Fabienne Grasser-Fulchéri, commissaire d’exposition et critique d’art, directrice de l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux

*

Isabelle Pellegrini présente Machinal à la Villa Henry, une exposition personnelle de Thierry Fournier qui fait suite à son accueil en résidence pour la création de En Vigie, associée ici à trois autres œuvres.

Aujourd’hui, de nombreuses images ne sont plus produites en relation immédiate avec l’œil humain, mais réalisées de manière autonome par des machines et des programmes. La plupart de ces « visions assistées » se déploient dans le domaine militaire ou sur le web (Google, Apple, Facebook…), la détection et l’anticipation du comportement employant souvent des moyens similaires à des fins sécuritaires ou mercantiles. Ces « machines intelligentes » analysent les images mais peuvent aussi réaliser des actions autonomes, comme dans le cas des drones. Dans ce contexte, comment se définit encore notre propre regard et où se place notre responsabilité ? Quel est notre rôle lorsque nous avons affaire à des systèmes qui ne prolongent plus seulement notre propre visée mais l’anticipent, voire s’y substituent ? Attendons-nous des machines qu’elles regardent à notre place – voire qu’elles nous regardent et nous définissent ? Que cherche-t-on à voir (ou à ne pas voir) à travers elles ?

La démarche de Thierry Fournier pose fréquemment l’hypothèse fictionnelle que les choses (objets, paysage, réseau, machines…) seraient dotées d’une vie propre, en instaurant des situations de déplacement ou de confrontation avec elles. Avec l’exposition Machinal, il fait dialoguer quatre œuvres où notre regard est indissociable de celui de ces appareils. Le terme de machinal désigne ici aussi bien une pensée qui ne prêterait plus attention à son objet (ou dont l’attention serait absorbée et captée par des dispositifs, comme sur internet) – que le regard produit par les machines elles-mêmes, de manière autonome : machinal comme on dirait animal. Les cadres classiques du regard comme la perspective et l’horizon se redéfinissent alors comme un territoire partagé, voire négocié, entre notre propre vision et celle que des dispositifs déploient sur le monde et sur nous-mêmes.

En Vigie / Nice (2018) est une vidéo générative où un programme scrute un paysage d’horizon, en déployant un suspens cinématographique qui nous invite à épouser sa propre logique. L’installation Just in Case (2017) imagine ironiquement qu’un programme serait légitime pour détecter si nous sommes bien humains, nous rivant au spectacle de son calcul et à l’attente de son verdict. Avec Penser voir (2018), une caméra de surveillance visant une plage témoigne par une voix de synthèse de son incapacité à détecter quoi que ce soit. La série d’images numériques Non-Lieu (2016) utilise des photographies de bombardements trouvées sur le web et remplace tout ce qui permet d’en identifier le lieu par un motif de fond d’écran. À travers cet ensemble de quatre pièces, l’exposition propose une réflexion plus générale sur les liens et les limites entre l’humain et les machines, notre responsabilité et notre regard.

Autour de l’exposition

Rencontre le 24 mars de 16h à 17h avec Thierry Fournier, Isabelle Pellegrini et Fabienne Grasser-Fulchéri, commissaire d’exposition et critique d’art, directrice de l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux.

Pandore Édition publie également un catalogue comprenant un texte de la critique et philosophe Céline Flécheux (L’horizon, Klincksieck, 2014 ; L’horizon, des traités de perspective au Land Art, P. U. de Rennes, 2009), un entretien avec Isabelle Pellegrini et une documentation sur les œuvres.

Thierry Fournier | Non-lieu 2