Recherche, arts et pratiques numériques #19: Du documentaire artistique aux écritures ludiques et interactives

10h-13h Mercredi 14 novembre 2018
IMéRA,
2 place Le verrier
13005 Marseille

Comité d’organisation : Cédric Parizot (IREMAM,CNRS/AMU), Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias – CNRS/AMU/EHESS), Anna Guillo (LESA, AMU/CNRS), Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU),

Recherche, art et pratiques numériques est un séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Du documentaire artistique aux écritures ludiques et interactives

Lors de cette rencontre, les intervenants reviendront sur les epérimentations art-sciences qui ont été menées dans le cadre des trois workshops organisés lors du second Forum du GIS Moyen Orient Mondes Musulmans à Aix en Provence du 28 au 31 septembre 2018.

François Lejault, vidéaste et professeur à l’Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence

Regarder ailleurs – écouter loin, création vidéo
Le fait divers est un grand déclencheur d’imaginaire. Il dessine souvent un détail frappant d’une société, de son évolution, de ses difficultés, de ses travers. Du ridicule au tragique, de l’absurde au fantastique, la palette est généreuse et foisonnante. Mais comment ces récits de morceaux de vies se transforment de l’oralité ou du compte rendu journalistique à la forme filmique? Comment le passage d’un médium à l’autre va-t-il amplifier, détourner, décadrer ces histoires du quotidien? C’est ce déplacement entre le récit factuel et sa mise en image et sons auquel se sont confrontés les participants du workshop Regarder ailleurs, écouter loin, création vidéo. A partir des récits colportés par chacun d’entre eux, ils ont élaboré sept petites formes filmiques courtes et bricolées dans une urgence créative et avec un souci de précision dans les choix esthétiques. Ils ont exploré avec gourmandise tous les possibles offerts par le numérique en revendiquant le mélange et l’hybridation entre les registres et les techniques.

Douglas Edric Stanley, artiste numérique et professeur à l’ESA Aix-en-Provence et Leslie Astier, artiste
Écritures ludiques interactives
A l’occasion du workshop Écritures ludiques et interactives, 5 étudiants en arts et 5 chercheurs se sont réunis en binômes afin de faire émerger ensemble des narrations communes à la rencontre des territoires de recherche de chacun. Durant trois jours les équipes se sont familiarisées avec des techniques de prototypage rapide de jeux (papier, vidéo, narration interactive) accompagnées par des outils ludico-méthodologiques expérimentaux développés au coeur de l’atelier Jeux de l’ESAAix. Poursuivant le travail de collaboration formulé autour du projet A Crossing Industry, les étudiants et les chercheurs ont inventé ensemble des nouvelles formes hybrides entre recherche scientifique et création.

Pascal Cesaro, Maître de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles, chercheur au Laboratoire PRISM (Aix Marseille Université/CNRS)

Écritures Documentaires: recherche et création
Après avoir observé et tenté de saisir les expérimentations qui ont été mises en oeuvre entre chercheurs et étudiants en art au cours des ateliers 1 et 2, les étudiants du Master 2 Écritures Documentaires: recherche et création, dirigé par Pascal Cesaro, ont élaboré de courtes formes documentaires filmiques. L’enjeu était moins de documenter de manière exhaustive les expérimentations qui ont été réalisées au cours de ces trois jours que de mettre l’accent, à travers cette forme spécifique d’écriture, sur l’intensité des déplacements qu’a constitué pour les chercheurs et les artistes l’engagement dans ces expérimentations, au croisement de la recherche et de la création.

Photo: Pascal Cesaro 2018

Journée d’études: Corps de chercheurs, paroles d’artistes, du franchissement à la perturbation

Mardi 5 juin 2018
10h00-16h30
IMéRA, 2 place le Verrier,
13004 Marseille

Cette journée d’étude réunira deux équipes d’artistes provenant du spectacle vivant (danse, théâtre, cirque) et des universitaires (sociologues, histoiriens, anthropologues), dont les projets articulent étroitement recherche et création artistique. Elle est organisée à l’occasion de la résidence de Sandra Iché (danseuse) dans le cadre du programme Art, Sciences et Société de l’Institut d’études avancées d’Aix Marseille Université (février-Juillet 2018).

Conçue comme un temps dynamique et public d’échanges d’expériences, cette journée espère alimenter une réflexion engageant les différents protagonistes des collaborations arts-sciences (scientifiques, artistes, institutions universitaires, acteurs de la production et de la diffusion artistique, tout un chacun constituant les « publics », lecteurs ou spectateurs, etc.) autour des enjeux que recouvrent ces expérimentations d’écriture au croisement du spectacle vivant et des sciences humaines et sociales.

Articulant des formats de prises de parole allant de la conférence à la performance, cette journée mettra en acte trois axes de réflexion :
– Tout d’abord, nous nous interrogerons sur les conditions (opportunités et obstacles) de mise en œuvre de ces projets qui font émerger des échanges, des pratiques et des formats qui ne sont pas toujours reconnus comme légitimes dans les champs universitaires et artistiques, alors que les incitations à tenter ces aventures transdisciplinaires sont de plus en plus nombreuses (multiplication croissante des dispositifs de financements et des contextes de diffusion portant l’intitulé « arts-sciences »).
– Ensuite, nous nous efforcerons d’évaluer les retombées de ces articulations. En se déplaçant de son propre champ disciplinaire et en fréquentant, voire en empruntant, provisoirement, les outils et les visées d’un autre champ, qu’apprenons-nous à distinguer, à préciser, à amplifier pour les processus d’élaboration de la recherche d’une part et pour ceux de la création artistique d’autre part ?
– Enfin, nous envisagerons dans quelles mesures, en ouvrant de nouvelles formes de circulation et de diffusion du savoir et de la création artistique, ces expérimentations sont susceptibles de repositionner les artistes et les chercheurs dans la société.

Programme

10h00-10h30 Introduction

Jean Paul Fourmentraux, professeur des universités, sociologue, Centre Norbert Elias (CNRS/AMU/EHESS)
Théâtre de laboratoire : œuvres frontières entre arts et sciences

10h30-13h00 Session 1 : Droite-Gauche

Renaud Golo, Sandra Iché, Lénaïg Le Touze (artistes), Candice Raymond (historienne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ERC Civil Wars), Marjorie Glas (sociologue, CMW, Lyon et IRIS, EHESS, Paris), Frédéric Pouillaude (maître de conférences en philosophie, Sorbonne Université, Institut universitaire de France)
Expérimentation collective et transdisciplinaire autour de termes clés de la collaboration arts-sciences telle que nous l’avons pratiquée : sources, imaginaires, énonciations

Discutant : Jean Paul Fourmentraux, professeur des universités, sociologue, Centre Norbert Elias (CNRS/AMU/EHESS)

13h00-14h30 Pause déjeuner

14h30-16h30 Session 2 : De Entre à Chroniques à la frontière

Cédric Parizot (anthropologue, IREMAM, Aix Marseille Univ./CNRS), Vincent Berhault (jongleur et metteur en scène, Cie les Singuliers)
Retour sur deux perturbations créatrices au croisement du cirque et de l’anthropologie

Discutant : Yannick Butel, professeur des universités, esthétique et réception, LESA (Laboratoire d’Etudes en Sciences des Arts, Aix Marseille Université)

Sur Droite-Gauche
Droite-Gauche est l’intitulé d’un spectacle de Sandra Iché (création au Théâtre de la Joliette, Festival Parallèle, 2 et 3 février 2018) et dont les réflexions partagées ici émanent. « Comment se fondent et se forgent nos orientations politiques ? », telle était la question matrice de Droite-Gauche. Droite-Gauche a été conçu autant comme l’exposition d’une recherche que comme sa mise en jeu chorégraphique et théâtrale.

Production : Association Wagons libres. Accompagnement en production/diffusion : Plateforme Parallèle pour la jeune création internationale (Marseille). Coproductions : La Villette (Paris), Pôle Arts de la Scène – Friche de la Belle de Mai (Marseille), Nouveau théâtre de Montreuil, Réseau projet européen – DNA, PACT Zollverein (Essen, Allemagne), Théâtre Joliette (Marseille), Théâtre La Passerelle (Scène nationale de Gap). Soutiens : DRAC Rhône-Alpes, Fonds franco-allemand TransFabrik, Regards et Mouvements-Superstrat. Partenariat scientifique et aide à la résidence : programme d’accueil LabexMED (Université Aix-Marseille) – Fondation Camargo (Cassis).

Sur Chroniques à la frontière
Chroniques à la frontière (30′) est une performance solo, un billet d’humeur théâtral et jonglé, un blog scénique. Au croisement d’un numéro de jonglage, de clown et d’une conférence de science politique, elle interpelle sur les manières dont nous parlons, représentons et pensons les transformations des frontières au 21ème siècle. [Pour plus d’informations]

Production: Cie les Singuliers. Coproductions: Centre International des Arts en Mouvement, Institut de recherche et d’études sur les mondes arabes et musulmans (UMR7310, Aix Marseille Université, CNRS), Institut d’études avancées d’Aix Marseille Université

Sur Entre
Hétérographie circassienne, Entre propose ainsi une autre forme d’écriture, au croisement d’une démarche de création et de recherche. Les langages du corps et du mouvement s’associent à la communication verbale, non pas pour tenter de transmettre un message ou une analyse à propos de l’expérience ou du contrôle aux frontières, mais davantage pour amener les spectateurs à s’interroger sur les cadres et les images à travers lesquels ils envisagent et construisent ces phénomènes. [Pour plus d’informations]

Production: Cie les Singuliers. Coproductions: Théâtre d’Arles, scène conventionnée art et création pour les nouvelles écritures / Cie 36 du mois – Cirque 360 (Fresnes) / Pôle National des Arts du Cirque de la Verrerie (Alès) / l’Espace Périphérique de la Villette (Paris). Accueils en résidence : Théâtre L’Echangeur (Bagnolet) / 2R2C (Paris) / CIAM Centre International des Arts et du Mouvement (Aix-en-Provence) / Le pOlau Pôle des Arts urbains (St Pierre des Corps) / Le vent se lève (Pantin) / Atelier du plateau (Paris) / Académie Fratellini (Saint-Denis) / l’Espace Périphérique de la Villette Paris / Monfort Théâtre (Paris) / Cie 36 du mois – Cirque 360 (Fresnes) / Pôle National des Arts du Cirque de la Verrerie (Alès) / Théâtre d’Arles, scène conventionnée art et création pour les nouvelles écritures.Soutiens et Subventions : DRAC Ile-de-France, aide à la production dramatique / DGCA, aide à la création pour les Arts du Cirque / Région Ile-de-France, aide au projet / ADAMI et SPEDIDAM, aides à la création / Ville de Paris, aide à la diffusion / SACD, Processus Cirque / Institut de Recherche et d’Étude sur le Monde Arabe et Musulman, UMR7310 (Aix Marseille Université, CNRS) / Institut d’Études Avancées (IMéRA) d’Aix Marseille Université.

Photo, Donadio, Droite-gauche, ouverture de chantier, Théâtre de la Cité, Marseille, Festival Parallèle 2017

Recherche, arts et pratiques numériques#18: cartographie, entre crises et mouvements

10h-13h Mercredi 23 mai 2018
IMéRA,
2 place Le verrier
13005 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias – CNRS/AMU/EHESS), Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU), Cédric Parizot (IREMAM,CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est un séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Cartographie entre crises et mouvements

Thomas Cantens, anthropologue, douanier, Organisation mondiale des douanes, Bruxelles

Crises violentes, crises de lisibilité : frontières fragiles en chiffres et en cartes

A partir d’une série de terrains dans des zones frontalières fragiles en Afrique, la communication proposera une analyse critique du cadre conceptuel et pratique des politiques de sécurité en frontière et proposera un autre cadre analytique fondé sur une représentation de l’espace et de la circulation de la richesse qui tient compte des pratiques des groupes armés. Dans ce cadre, la communication montrera l’usage crucial de la cartographie et de la statistique à la condition d’une pensée sans l’Etat.

Françoise Bahoken, géographe et cartographe, Université Paris-Est / AME-SPLOTT / IFSTTAR

Le point, la ligne et la flèche. Cartographier  » l’implantation spatiale  » de mouvements

La projection de figurés sur un fond de carte, pour cartographier un mouvement, revêt des significations différentes qui, si elles dépendent de considérations éminemment graphiques, résultent avant tout du cadre théorique dans lequel elles s’inscrivent ; ce dernier caractérisant la manière dont l’espace (géographique, social, cognitif, etc.) des échanges est appréhendé.
Dans le contexte de l’analyse géographique, l’objectif de représenter le franchissement de limites de zones territoriales (de frontières nationales, par exemple) se voit en effet confronté à différents paramètres : l’échelle d’observation, les positions des lieux, a fortiori l’interprétation de leur espacement (éloignement, voisinage) ; l’implantation spatiale de ces lieux mis en interaction, formant le fond de carte. La représentation est également sensible, d’une part, à la manifestation d’éventuels effets-frontières bien connus (discontinuités, barrières, etc.) ; d’autre part, à un paradoxe lié à la possibilité d’un décalage entre l’information disponible, sa représentation cartographique, sa perception par un observateur statique et la demande sociale d’information visuelle sur le phénomène représenté. Ainsi, au-delà des aspects purement thématiques (flux commerciaux, flux démographiques, flux financiers), graphiques ou technologiques (support papier, numérique, interactif), à l’heure du « Tous Cartographes ! », c’est par le recours aux fondements théoriques de la notion de mouvement que nous proposons d’explorer les modalités de sa cartographie. L’introduction d’une distance cartographique permet en effet de résoudre ce paradoxe, tout en étendant les possibilités classiques de filtrage des flux, en mobilisant l’espace.

[Télecharger le Power point de cette communication]

Carte: Françoise Bahoken

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #7: l’écho des îles, des atolls aux archipels

Mercredi 16 mai 2018,
9h30-12h30
Maison des Astronomes, IMéRA
2 Place Le verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. (lire la suite)

L’écho des îles, des atolls aux archipels

Guillaume Monsaingeon, chercheur et commissaire indépendant, et Christopher Trapani, compositeur

« Île, insula, isolée » : cette représentation nourrie de robinsonnades s’impose à tous.
Réfléchir aux îles, c’est au contraire établir la multiplicité de leurs liens, passer de la figure de l’atoll isolé à la réalité de nos archipels.
Composer, c’est organiser et désorganiser, dépasser notes et sons pour concevoir des ensembles complexes.
Le travail en cours de Christopher Trapani dans son Isolario : book II rencontre donc tout naturellement l’exposition Le Temps de l’île que Jean-Marc Besse et Guillaume Monsaingeon préparent pour le Mucem (été 2019), en particulier grâce à leur résidence à la fondation Camargo.
Prenons les îles au sérieux, dans leurs noms, leurs formes, leurs fonctions, leurs sons.
Fabriquons les insulaires d’aujourd’hui héritiers des isolari de la Renaissance!

Photo: a David 2 Fox-Island

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #6: résonances bioacoustiques

Mercredi 18 avril 2018,
9h30-12h30
Maison des Astronomes, IMéRA
2 Place Le verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. (lire la suite)

Résonances bioacoustiques

Maxence Mercier, compositeur et artiste numérique, et Hervé Glotin, professeur à l’université de Toulon en Sciences de l’Information et des Systèmes

Notre propos est de rendre sensible des informations issues de la biosphère imperceptible, sans référence et apriori culturels.

Nous disposons de capteurs sonores saisissant le monde à des échelles inaccessibles aux capacités physiologiques de l’homme. L’analyse informatique est le seul moyen pour analyser des millions d’heures d’enregistrement accumulées de jour en jour.
Data mining, deep learning et autres techniques computationnelles sont des prothèses sensorielles à l’écoute du monde.
Elles révèlent les articulations de chant de baleine, la structure des patterns de cachalot dans les abysses et encore les flux d’activité des dauphins roses.

Nos travaux conjoints tirent leurs sources de phénomènes vibratoires, disséqués dans des matrices numériques pour ensuite être réinterprétés comme flux acoustique perceptible à l’oreille d’un auditeur ordinaire.. Notre motivation est de sensibiliser ce dernier à la notion d’écoconscience.

Photo: Muses

Recherche, arts et pratiques numériques #17: Expérimenter l’espace scénique

10h-13h Mercredi 11 avril 2018
IMéRA,
2 place Le verrier
13005 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias – CNRS/AMU/EHESS), Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU), Cédric Parizot (IREMAM,CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Yannick Butel, professeur des universités, esthétique et réception, LESA (Laboratoire d’Etudes en Sciences des Arts, Aix Marseille Université)
De l’octet scénique au hocquet du public
Quels rapports entre l’ordre Mevlevi, le prix Brodin reçu par Sophia Kovalevskaya, la création Landschaft mit entfernten Verwandten d’Heiner Goebbels ou le K de Sophie K de Jean-François Peyret ? Ou, et formulons-le d’une autre manière, quelles connexions peut-on faire entre l’ordre des derviches tourneurs qui danse la Sama, une mathématicienne qui s’inquiète de résoudre les équations qui régissent le mouvement d’un solide de forme quelconque soumis à la seule pesanteur, et deux artistes qui recourent aux technologies, à l’image numérique, au TAO (théâtre assisté par ordinateur)… ? En quoi ce triptyque pourrait encore aider la réflexion d’un penseur de l’esthétique et des arts de la scène ?

Sandra Iché, artiste, chorégraphe, Candice Raymond, historienne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ERC Civil Wars, Marjorie Glas, sociologue, CMW, Lyon et IRIS, EHESS, Paris
Droite-Gauche : retours sur une collaboration autour des ressorts biographiques de nos orientations politiques
Le projet Droite-Gauche, conçu comme un projet à la fois de recherche et de création, et partiellement financé par des programmes intitulés « arts et sciences », a été et continue d’être nourri et activé par des « artistes » (chorégraphie, théâtre, son, vidéo, dessin) et des « chercheurs » (philosophie, sociologie, histoire). Si ces dénominations nous informent sur les outils dont chacun s’équipe pour aborder le travail, elles escamotent d’autres traits qui comptent tout autant (les lieux où nous avons grandi ; dans quelles situations nous en sommes déjà venu aux mains ; si nous préférons les ciels glacés, les vents chauds ou la moiteur qui enveloppe les corps ; etc.) Les questions mises au travail dans Droite-Gauche étaient formulées de la manière suivante : comment se forgent et varient nos ethos politiques ? Ou bien : comment se forge notre positionnement au sein de rapports de pouvoir ? Ou bien : comment se forgent nos conceptions de ce qui est « réel », « possible », « souhaitable » ?
Une étape de travail, publique, engageant les chercheurs à présenter leurs travaux depuis la scène du théâtre, a constitué une première incarnation de ce projet (Théâtre de la Cité, Marseille, février 2017, Festival Parallèle). Le projet sous sa forme de « spectacle vivant » (Théâtre de la Joliette, Marseille, février 2018, Festival Parallèle) a notamment consisté à opérer des transferts, des redistributions, entre énoncés « scientifiques », hérités du travail des chercheurs, et énoncés « sensibles », élaborés par l’ensemble des personnes impliquées dans le projet, chercheurs compris. Aujourd’hui nous travaillons à une publication commune, comme une troisième manifestation possible de cette collaboration et avec pour intentions d’une part de clarifier les enjeux auxquels répondent ces projets transversaux et d’autre part de construire les conditions de réception d’un projet comme Droite-Gauche, pour lequel la rencontre entre les sciences sociales et la création artistique ne vise ni une cosmétisation de la recherche scientifique ni une fonctionnalité de l’art.
Pour le séminaire, nous (Marjorie Glas, « sociologue », Sandra Iché, « danseuse », et Candice Raymond, « historienne ») reviendrons sur les motivations qui ont présidé, pour chacune, à notre implication dans le projet, sur la fécondité de cette fréquentation « art et sciences » pour nos pratiques respectives, ainsi que sur les éventuelles gênes ou résistances éprouvées (en vrac, réflexivité méthodologique sur nos « ordres de discours », sur nos outils de transmission…) Nous tenterons notamment de dégager précisément quelques termes/thèmes qui sont au coeur du travail et dont le sens et les usages étant différents d’une discipline à l’autre se trouvent reconfigurés par notre cohabitation : sources, imaginaires, énonciations.

Norbert Corsino, chorégraphe et chercheur, SCENE44, n + n Corsino, Marseille
Machinations
Les domaines ouverts par les arts numériques génèrent des topologies transportables coextensives dans lesquelles la danse peut surgir et s’écrire. Ils libèrent de l’espace à l’imaginaire. Ces outils neufs, les danseurs, les artistes, peuvent et doivent s’en emparer, les technologies en constant devenir et donc toujours inachevées continuent avec d’autres appareillages les techniques du corps, touchant là une caractéristique de la danse de n’avoir ni début ni fin : il n’y a pas de premier geste, ni a fortiori de dernier. Toutes les techniques développées dans les mondes virtuels, demandent que le corps soit étiqueté sur les déplacements dans l’espace, par ses systèmes de repérages perceptifs et représentatifs. Machine vient de ruse, stratagème, machination.

Image:Scène 44

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #5: écoutes in situ

Mercredi 28 mars 2018,
9h30-12h30
Maison des Astronomes, IMéRA
2 Place Le verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. (lire la suite)

Ecoutes in situ

NOORG : Loïc Guénin et Eric Brochard, musiciens, compositeurs.

Paysages sonores acoustiques et improvisés-live

Les deux musiciens de NOORG : Loïc Guénin et Éric Brochard proposeront un live explorant plusieurs esthétiques : de la musique contemporaine et électroacoustique au noise et aux musiques expérimentales.

Se situant à la frontière tenue entre un rock noise expérimental, une esthétique résolument contemporaine et le drone électroacoustique, la musique de NOORG se refuse à entrer dans une catégorie définie. Les deux musiciens travaillent le son comme des sculpteurs de matière, tissant une toile complexe à partir d’un seul et unique fil continu, travaillant au millimètre, affinant les épaisseurs, déplaçant les sources dans l’espace pour donner naissance à un paysage sonore acoustique, électronique, rythmique et harmonique.
Munis de nombreuses pédales d’effets, de laptop, mais aussi de leurs voix et d’objets sonores acoustiques travaillés comme des générateurs d’ondes, les deux musiciens proposent un paysage sonore en constante évolution, un cinéma pour les oreilles.

Photo: Noorg

Recherche, arts et pratiques numériques #16: cartogaphies de l’invisible

10h-13h Mercredi 21 Mars 2018
IMéRA,
2 place Le verrier
13005 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias – CNRS/AMU/EHESS), Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU), Cédric Parizot (IREMAM,CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Cartographies de l’invisible

Nicolas THELY,professeur en arts, esthétiques et humanités numériques, Université Rennes 2, Directeur de la MSH Bretagne

56th Venice Biennale : Tracking two art critics

Tantôt caricaturés dans les publicités et les séries télévisées, tantôt montrés du doigt pour leur opportunisme totalement voué à la cause du marché, les critiques d’art contemporain n’ont pas bonne presse. Dans l’entreprise de construction de l’image de la critique d’art, la littérature, la philosophie et les sciences sociales jouent un rôle important mais le critique d’art demeure une espèce difficilement observable ou plus précisément une espèce dont l’activité est difficilement cernable, mesurable et compréhensible. Je proposerai de revenir sur une expérimentation que j’ai menée il y a trois ans et qui a consisté à proposer à deux critiques d’art d’enregistrer leurs déplacements lors des journées professionnelles de la 56e biennale de Venise qui se sont déroulées du 6 au 9 mai 2015. Que peuvent nous apprennent les données récoltées sur la pratique de la critique d’art ?

Emmanuel GRIMAUD, anthropologue, directeur de Recherche CNRS au LESC, Université Paris 10 – Nanterre

Chasse au fantômes et cartographie de l’invisible

Les chasseurs de fantômes (ghost hunters) recourent aujourd’hui à une multitude d’appareils et de technologies sophistiquées pour mesurer les champs électromagnétiques et s’aventurent dans des expéditions nocturnes en quête de présences à détecter avec lesquelles ils tentent d’établir une communication. A partir de chasses suivies en temps réel, on tentera de répondre à toute une série de questions, notamment celle de savoir comment cartographier un espace invisible ou encore pourquoi un tel déballage de technicité dans un domaine en apparence dominé par les croyances.

Photo: Ghost Hunters, 2018 © Emmanuel Grimaud

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #4: Entendre le monde sonner

Mercredi 21 février 2018,
9h30-12h30
Maison des Astronomes, IMéRA
2 Place Le verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. (lire la suite)

Entendre le monde sonner

Carmen Pardo Salgago, professeure d’histoire de la musique et d’esthétique de la musique contemporaine à l’Université de Girona

L’écoute du monde : entre le recyclage et le « laisser être » des sons

Tout au long du XXe siècle, nous assistons à un recentrement sur l’écoute qui déborde le cadre de ce que l’on tenait comme musical auparavant. L’oreille du musicien se tourne vers les sons de la vie quotidienne et commence une longue démarche qui affecte et le monde de la musique et la perception du monde. Dans cette longue démarche nous pouvons distinguer deux grandes lignes : celle entamée par la pratique schaeferienne de la musique concrète et celle dérivée de la pratique de John Cage. La première nous place chez une certaine esthétique du recyclage sonore du monde, tandis que la deuxième est axée sur l’idée de non possession des sons et leur opposition à l’idée de domination. Toutes les deux impliquent deux modalités de l’expérience de l’écoute et de la compréhension du monde radicalement différentes. Toutes les deux comportent, comme nous le rappelle Daniel Charles non sans humeur, deux types de moral. Cette intervention a pour objet de montrer comment à l’heure actuelle, les deux pratiques se rencontrent, non sans frictions ou contradictions, dans des pratiques d’écoute telles que les promenades d’écoute et les travaux de quelques artistes tels que Christian Marclay. Cette rencontre interroge à nouveau l’expérience de l’écoute dans sa dimension éthique et esthétique.

Christophe Charles, compositeur,professeur à l’Université des arts de Musashino/Tokyo

Ecouter, composer, jouer

John Cage a souvent déclaré que composer, jouer et écouter étaient trois choses distinctes. Je voudrais revenir sur cette affirmation et examiner les relations qu’entretiennent ces trois actions, qui semblent s’accomplir de manière simultanée dans ma pratique musicale. Dans quelle mesure peut-on dire qu’elles ont lieu dans le même temps ?

Photo: Eri Ujita, Christophe Charles

Recherche, art et pratiques numériques #15: Post cinéma et anthropologie

10h-13h Mercredi 31 Janvier
IMéRA,
2 place Le verrier
13005 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias – CNRS/AMU/EHESS), Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU), Cédric Parizot (IREMAM,CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Post cinéma et anthropologie

Pascal Cesaro, chercheur et documentariste, PRISM, Aix-Marseille Université / CNRS, Pierre Fournier, Sociologue, Laboratoire méditerranéen de sociologie, LAMES / Aix-Marseille Université / CNRS

Sur les traces des atomistes. Un pas de côté pour un sociologue de terrain

A partir d’extraits du film documentaire Sur les traces des atomistes (Pascal Cesaro et Pierre Fournier, 90mn, 2016) nous reviendrons sur notre usage d’images d’archives comme outil de recherche en sciences sociales. Nous présenterons comment à partir d’une archive audiovisuelle issue d’une série de fiction de la fin des années 1960 mettant en scène la vie de travailleurs d’un centre nucléaire en Provence on espère mieux comprendre ce que veut dire venir travailler dans cette industrie. Montrer des extraits de ce feuilleton à des gens vivant aujourd’hui près du même centre, permet-il de dépasser les représentations abstraites du débat public sur ce sujet polémique ou le silence derrière lequel se retranchent parfois les personnes vivant près des centres nucléaires ?

[Power point de la présentation]

Krista Lynes, communication studies, Concordia University, Canada / résidente de l’IméRA, Marseille

Notes sur l’Index : penser le « réel » à l’ère numérique

La question de l’indexicalité des images-médias est devenu centrale dans les méthodes de recherche en sciences humaines autant que pour les formes d’art politique ou engagé, portant particulièrement sur leur capacité de rendre compte fidèlement de la vie sociale. De ce fait, le problème de l’indexicalité des images s’avère doublement épistémologique et éthique. Renvoyant à un pari risqué, toujours instable, le concept d’indexicalité est aujourd’hui malmené par les changements technologiques, culturels, économiques et politiques : passage des médias ‘analogues’ aux médias ‘numériques’ (avec la mutabilité inhérente de ces derniers) ; passage de la surface du monde visuel vers le ‘big data’ (et donc vers les paradigmes algorithmiques du réel, non plus liés au champ visuel, mais à la statistique). Il y a néanmoins toujours plus d’images en circulation, davantage de visualisations algorithmiques (‘beautiful data’), qui accompagnent la transformation du champ visuel en base de données. Ma présentation cherchera à explorer cette charge de l’indexicalité dans la recherche interdisciplinaire et artistique, elle sera centrée plus précisément sur les projets médiatiques entourant la ‘crise migratoire’ (Forensic Architecture, the Visual Social Media Lab, UNITED, ainsi que d’autres tactiques visuelles).

Jeff Daniel Silva, artiste-chercheur, Sensory Ethnographic Lab, Harvard University, Centre Norbert Elias (CNE) AMU/EHESS/CNRS.

Linefork (2016) : Recherche visuelle et cinéma anthropologique

Membre correspondant du Centre Norbert Elias depuis décembre 2016, futur résident à l’IMéRA (2018-2019), Jeff Silva est un réalisateur américain, professeur et programmeur originaire de Boston. Associé depuis son origine au Laboratoire d’Ethnographie Sensoriel (SEL) à Harvard University, il a contribué aux côtés du fondateur et directeur Lucien Taylor au développement d’un programme d’études et de méthodologie appuyé sur la réalisation filmique. Ses travaux – réalisations et recherches anthropologiques – s’attachent à documenter plutôt qu’a expliquer et utilisent pour cela l’ambiguïté et la connaissance implicite. A l’articulation du cinéma documentaire et expérimental, sa communication mobilisera des extraits commentés du film Linefork (2016) et questionnera la part d’intimité dans la relation qu’entretien le documentariste avec son sujet. Ses films les plus récents « Linefork » (2016), « Ivan & Ivana » (2011) et « Balkan Rapsodies: 78 Measures of War » (2008)

Image extraite du film Havarie de Philip Scheffner, 2016 © Philip Scheffner

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #3 : Écoutes incarnées

Mercredi 17 janvier 2018,
9h30-12h30
Maison des Astronomes, IMéRA
2 Place Le verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. (lire la suite)

Ecoutes incarnées

Sylvain Brétéché, musicologue, enseignant à l’Université d’Aix-Marseille, chercheur au laboratoire PRISM-AMU/CNRS

L’écoute extra-ordinaire. Sentir le sonore, voir le musical : l’expérience musicale sourde

Dans sa conception ordinaire, l’écoute se trouve prioritairement associée à l’oreille qui semble seule à même de rapporter les événements sonores et les réalités sonnantes qui animent le réel. Cependant, que devient l’écoute lorsque l’oreille « dysfonctionne » ? Lorsque le rapport privilégié au monde ne repose plus sur l’auralité ? Dépassant le voile opaque de l’oreille, les conditions de surdité tendent à révéler une facette singulière de l’écoute qui, dans un silence prétendu, se présente produit du corps et de l’œil, réalité asonore incarnée, visuelle et mouvante. Cette intervention s’attachera à présenter les facettes extra-ordinaires de l’écoute que nous dévoilent les pratiques musicales des Sourds qui, au-delà du paradoxe, nous donnent à entendre la complexité du sonore dans ses qualités sensibles, vibrantes et visuelles.

Natacha Muslera, musicienne, poète, improvisatrice et compositrice

Ecoutes possédées

Le choeur offre un potentiel inouï et constitue un outil adéquat pour interroger, pratiquer, expérimenter des rapports d’écoutes multiples, mais surtout il ouvre à l’écoute possédée. Proche de la transe, cette écoute dissout l’opposition entre sujet et monde. Dans un premier temps, geste : s’affranchir de l’écoute prépondérante-passive, afin d’inclure ce qui habituellement est exclu dans nos rapports d’écoutes.

Le choeur suscite des tentatives d’écoutes allant de l’expérience individuelle à celle du commun, oscillant sans cesse et se faisant cabane d’écho du réel, mouvement de va et vient constant, désordonné (non systématisé), entre le dehors et le dedans.

Danse et transe des écoutes sans hiérarchie, celle des espaces, des biotopes, des écosystèmes, des langues, des chants, des molécules, des os, des organes, des températures, des flux, des ondes, des langues, des chants, des ambiances, des luttes. Ecoutes sauvages, incandescentes et abandonnées, écho actif du choeur dithyrambique.

Photo: Natacha Muslera, Choeur tac-til 2 Trompe l’oeil

Pratiques de l’écoute et écoute des pratiques #2: perception et déséquilibre dans l’espace acoustique

9h30 à 12h30 Mercredi 20 décembre 2017,
Fondation Vasarely, Aix-en-Provence.

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. (lire la suite)

Bande de Möbius. Perception et Déséquilibre dans l’espace acoustique

Au cours de cette séance se mettront en place des dialogues croisés autour de l’installation sonore expérimentale de Marlène Puccini présentée à la Fondation Vasarely du 7 au 28 décembre 2017 : Bande de Möbius. Perception et Déséquilibre dans l’espace acoustique

Le projet Bande de Möbius. Perception et Déséquilibre dans l’espace acoustique a été développé dans le cadre du Labex-Arts-H2H de l’Université de Paris 8, en partenariat avec l’ENS-Louis Lumière le CNRS-Prism, Marseille, L’ISM, le Lapcos, Université Nice 98, La Fondation Vasarely. Il est porté par Marlène Puccini. L’exposition est permise grâce au soutien de ESAAix, Hexalab, Seconde Nature, Zic in Off, Générali St Victoret

Intervenants: Pierre Cassou-Nogues, philosophe, Marlène Puccini, artiste, Jean-Michel Vives, psychanalyste. Modération : Jean Cristofol, philosophe

La question de l’écoute est souvent pensée dans son rapport à l’environnement, comme une exploration par une personne de la relation perceptive au monde que le son génère. Elle se trouve déplacée par l’expérimentation que nous propose Marlène Puccini vers une situation de laboratoire où l’espace sonore est entièrement reconstruit et proposé à la perception d’un sujet mis en situation par le dispositif. Il y a donc d’un côté un travail de soustraction ou d’abstraction qui nous extrait du monde et de l’autre la reconstruction ou la recomposition d’un environnement dans lequel le son n’est pas seulement matière et signe, mais aussi espace et représentation. Il s’agit alors de rendre sensible le champ acoustique comme un espace construit et de jouer avec les potentialités que cette situation tout à fait particulière nous ouvre. Il s’agit de nous confronter à la relation de notre corps avec un espace perceptif dont les modulations peuvent être constituées comme les éléments d’une matière poétique. Marlène Puccini voudrait creuser l’écart de cette enveloppe coutumière où les limites de soi au monde se nouent et se perdent.

Recherche, art et pratiques numériques #14 : Israël Palestine, un antiAtlas

Mercredi 6 décembre 2017
10h00-13h00
IMéRA, maison des astronomes
2 place Le Verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), Manoël Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Israël Palestine, un antiAtlas. Ethnographie d’un régime de séparation connecté (2005-2010)

Cédric Parizot, anthropologue du politique, chercheur à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur les Mondes Arabes et Musulmans (IREMAM, CNRS/Aix Marseille Université) et à l’IMéRA (Institut d’études avancées d’Aix Marseille Université)

A l’occasion de ce séminaire, je présenterai une approche inédite des transformations des espaces israélo-palestiniens au cours des 30 dernières années. Fondée sur des expérimentations art-science menées à l’IMéRA, depuis 2011, et inspirée de la théorie de l’acteur-réseau et de la physique quantique, cette approche opère une série de déplacements épistémologiques et ontologiques par rapport aux travaux qui ont étudié les recompositions des espaces israéliens et palestiniens à l’aube du 21ème siècle. L’enjeu de ces déplacements n’est pas de substituer un récit à ceux préexistants, mais de remettre en jeu notre rapport à cet objet déjà particulièrement analysé et documenté pour relancer et poursuivre la réflexion à son propos.

Recherche, art et pratiques numériques #13 : de la cartographie alternative à la cybergraphie

Mercredi 22 novembre 2017
10h00-13h00
IMéRA, maison des astronomes
2 place Le Verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), Manoël Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

De la cartographie alternative à la cybergraphie

Anna Guillo, arts plastiques et sciences de l’art, Laboratoire d’Etudes en Sciences des Arts (LESA), Aix Marseille Université
Cartographie alternative et géographie expérimentale : propositions artistiques

La cartographie alternative et la géographie expérimentale sont nées par l’action conjuguée d’artistes et de chercheurs universitaires dans un contexte propice à l’apparition d’une géohistoire de l’altérité et comme conséquence de l’invention de la géocritique liée aux héritages des études féministes et post-coloniales. Dans le prolongement de cette histoire, et en prenant appui sur des exemples précis puisés dans le champ artistique contemporain, il s’agira de montrer comment la cartographie alternative peut être aujourd’hui envisagée comme un outil de décolonisation des savoirs.

Thierry Joliveau, géographe, Centre de Recherches sur l’Environnement et l’Aménagement (CRENAM), Université de Saint Etienne
De la géomatique à la cybergraphie. Expérimenter l’imaginaire des techniques géonumériques

Une recherche en cours dans le cadre du Labo des Usages de l’AADN (Association pour les Arts et Cultures Numériques) rassemble artistes et chercheurs en sciences humaines. Un groupe d’artistes rassemblé autour de Pierre Amoudruz développe des interventions artistiques en espace public de type « infusion-diffusion » qui mobilisent des habitants sur un territoire avant de présenter un spectacle à mi-chemin entre théâtre et performance numérique. Dans le cadre d’un précédent spectacle « Avatar’s Riot » (2015), les artistes ont inventé de toutes pièces avec l’ethnographe Jeanne Drouet, la Cybergraphie, une nouvelle discipline scientifique, qui sert de ressort fictionnel aux interventions. Définie par ses inventeurs sur Wikipedia (« Cybergraphie » 2017) comme un « ensemble d’approches, de méthodes et de techniques d’enquête relatives à l’étude du cyberespace et de sa « population » (principalement les internautes) », elle permettait de « traquer les traces du monde virtuel dans le monde réel ». La création de la nouvelle intervention de l’AADN « Là-Haut le Cloud, Ici le Soleil » est l’occasion d’un projet de recherche combinant géographie et art pour explorer les articulations entre espaces numériques et espaces concrets. Mélanie Mondo, étudiante en master de géomatique et spécialiste des techniques de géographie informatique, a été intégrée dans la préparation du spectacle comme cybergraphe officielle de l’équipe. Elle était chargée de nourrir les artistes en techniques susceptibles d’enrichir la fiction tout en interrogeant l’imaginaire associé aux usages de ces techniques par les artistes, les habitants et le public. C’est cette expérience toujours en cours qui sera présentée et discutée lors du séminaire.

Télécharger la présentation de Thierry Joliveau

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques # 1 : son, image, cinéma

Mercredi 15 novembre
IMéRA,
2 place Le Verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute. (lire la suite)

Son, image et cinéma

Daniel Deshays, ingénieur du son, responsable de l’enseignement du son à l’Ecole Nationale des Arts et Techniques du Théâtre à Lyon et à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
Les écoutes des gestes

L’écoute est un acte, une « action simulée » , l’écoute est l’établissement d’une construction ; nous l’effectuons relativement à la réalité sonore d’un lieu. C’est un parcours réalisé dans la durée, par prélèvements discontinus d’évènements le plus souvent brefs, tenus entre surgissement et disparition. C’est aussi un retour à notre mémoire par nécessité de reconnaître ce que l’on a déjà vécu. L’écoute est un cheminement affectif, cette subjectivité échafaude une interprétation d’évènements qui nous est propre, là se construit notre réel, situé entre une perception commune du mouvant et la profondeur inconsciente de notre mémoire entendue comme mémoire d’affects. C’est enfin une remise à jour permanente de cette mémoire (qui n’est pas une mémoire sonore mais une mémoire globale).

Écouter les pratiques supposerait une pratique préalable de l’écoute, si l’on entend que celle-ci soit une écoute des pratiques d’écoute. Ecouter les pratiques suppose un approfondissement suffisamment avancé de chacune d’elles permettant d’apercevoir ce qui les différencie. Chaque champ du sonore possède ses propres pratiques. Il faut beaucoup d’expériences d’écoute pour pouvoir aborder cette chose si complexe qu’est l’écoute. Car les questions surgissent surtout dans les pratiques, il faudrait dire dans « l’épuisement des pratiques du son » auquel on arrive après des années ; cet épuisement révèle ce que l’on ne peut d’ordinaire constater, tant « l’objet de l’écoute, le contenu » nous détourne de la « conscience de l’écoute » que nous effectuons au même moment.
L’écoute est un préalable à toute relation. Je me mets au silence pour que l’écoute puisse advenir et cette pratique décisive est celle qui est première : c’est parce que j’entends si fort l’écoute de l’autre que ma parole peut émerger.

L’écoute est un lieu de pensée, de pensée du différent. C’est en conséquence aussi un lieu de partage social : l’échange est déterminé par ce lieu lui-même. C’est une écoute comme lieu d’échange filtrant les données qui circulent dans un espace social.
L’écoute partagée n’est pas considérée en soi, les salles d’écoute de quelques sortes qu’elles soient (de spectacle ou autre) sont, elles aussi, de véritables lieux d’échange dans l’écoute.
… Voici quelques données pour amorcer le défrichage de ce qui travaille chez tous et chez chacun en tache de fond et qui est le lieu majeur du partage du sensible.

Rémi Adjiman, maitre de conférence, directeur département SATIS AMU, chercheur au laboratoire PRISM
Les intentions d’écoute portées sur les ambiances sonores : le cas du rapport image – son

Pour différentes raisons, la bande sonore des films s’est historiquement principalement structurée autour des voix, des bruits et des musiques. Les ambiances, bien que présentes dès l’origine du sonore, se sont particulièrement développées durant ces 30 dernières années. Nous allons plus spécifiquement nous y intéresser.
L’objectif de cette intervention est de réfléchir à la façon dont les ambiances sonores – souvent constituées de bruits contingents qui ne sont pas synchrones ni visibles – s’associent à l’image. Il ne s’agit pas ici de faire une analyse filmique ou esthétique mais bien davantage d’analyser dans le cours d’action comment l’ambiance est perçue isolément et comment elle s’associe à différentes images fixes. Dans une perspective sémio-pragmatique, nous essayerons d’adopter différentes intentions : celle du cobaye d’une expérimentation, celle du spectateur de cinéma, celle du monteur son, pour cerner les relations qu’entretiennent les contextes, les différentes écoutes et les interprétations sui generis.

Recherche, arts et pratiques numériques #12: entre art et science, le sol et le vivant

Mercredi 17 Mai 2017,
IMéRA,
2 place Le verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), Manoël Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Entre art et science, le sol et le vivant

Martine Chalvet, historienne, TELEMME, CNRS/Aix Marseille Université
Des histoires de forêts : une marche vers la pluridisciplinarité

Actuellement, les forêts sont des objets d’études pluridisciplinaires qui entremêlent toutes les disciplines qui étudient les écosystèmes et les disciplines des sciences sociales sans oublier la dimension artistique. Pourtant les forêts ont longtemps fait l’objet d’une histoire anthropocentrée ; celle des hommes dans leur rapport aux bois. Cette intervention vise à comprendre les grandes évolutions de la manière de faire de l’histoire des forêts, une histoire qui peu à peu s’est ouverte aux autres champs disciplinaires. L’exemple de la forêt de la Sainte-Baume pourra être utilisé pour montrer toutes les richesses d’un dialogue et d’un travail entre disciplines autrefois cloisonnées.

Aline Veillat, Artiste indépendante et chercheur associé à la Haute Ecole d’Art et de Design Genève
Penser de bas en haut, quand le sol prend la parole

Penser de bas en haut, quand le sol prend la parole est un projet de recherche Art – Sciences au sein de l’IMéRA où je m’aventure au pays des sciences des sols et de l’environnement, et de l’anthropologie de la nature, de la relation à l’animal mais aussi de la technique.  Afin de ramener l’attention sur le sol comme élément primordial à la vie sur terre par les moyens de l’art, je commence comme tout projet par une première phase de recherche pour essayer de comprendre le sol depuis l’intérieur, dans son essence même : tenter de le définir comme un tout, comme une entité vivante, autrement dit comme un être vivant interagissant avec le monde, et avec d’autres êtres.  Ma démarche d’artiste chercheur dans le champ Art&Sciences s’élabore donc pas à pas depuis un processus de lecture oblique et sans hiérarchisation de différents savoirs qui conduit vers de nouveaux points de vue sur les choses. Ces derniers s’expriment par une énonciation poético philosophique, élaboration de nouvelles idées nées dans cette entremêlement des savoirs des sciences de la terre, de l’environnement et de l’anthropologie. Cette première phase nécessaire, qui s’exprime autour des mots, structure des hypothèses plastiques. Cette présentation propose de vous donner à percevoir ce processus créatif intra-disciplinaires. Un pas vers une ébauche pour une heuristique d’une transformation symbolique par les moyens de l’art.

Discutant : Jean Samuel Bordreuil, sociologue, LAMES, CNRS/Aix Marseille Université

Recherche, arts et pratiques numériques #11: Demo (or die!) Technologie, art, science ?

10h-13h00 Mercredi 26  avril 2017,
IMéRA,
2 place Le verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), Manoël Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Demo (or die!) Technologie, art, science ?

Claude Rosental (anthropologue, CEMS CNRS/EHESS)
Usages des démos dans le domaine des sciences et des technologies

Dans le cadre de ma communication, j’analyserai un certain nombre de pratiques de démos dans le domaine des sciences et des technologies. Je montrerai comment de nombreux scientifiques et ingénieurs utilisent aujourd’hui les démonstrations publiques de technologies comme des outils d’échange et de coordination, des dispositifs cognitifs et relationnels, des instruments de mobilisation et de concurrence, ainsi que des ressources pour la conception, la gestion et l’évaluation de projets. Je m’appuierai pour cela sur des enquêtes que j’ai réalisées sur les usages des démos par des scientifiques et des ingénieurs américains et européens. Ces enquêtes illustreront la manière dont des démo-craties – régimes qui utilisent les démonstrations pour la gestion des affaires publiques – se sont développées dans les sociétés contemporaines.

Etienne Cliquet (Artiste et chercheur – ISDAT – Ecole des beaux arts Toulouse)
La démo non théâtrale

Dans un texte intitulé « La performance non théâtrale » paru en 1976, l’artiste américain Allan Kaprow à propos des performances de ses contemporains se demandait si elles relèvent ou non du théâtre. Je voudrais à mon tour poser cette question à propos de la démo aujourd’hui. Comme lui, je partirai d’exemples précis de démos en incluant ma propre expérience de la chose. Pour le reste, j’éviterai la recherche d’une typologie de la démo comme ce fût le cas de la performance (happening, events, etc.). Impliquant une réflexion sur la place d’Internet et du numérique, il faut se demander quelles sont les raisons historiques, les implications politiques et les conséquences d’un art non conventionnel, sans public mais en public, c’est à dire non théâtral.

Samuel Bianchini (Artiste et chercheur, EnsadLab, Paris)
Démonstrateur(s) : concevoir et expérimenter des dispositifs artistiques interactifs avec des affordances sans usage et sans fins

De Douglas Engelbart au fameux “Demo or Die” du MIT analysé par Peter Lunenfeld, le terme “démo” explicite le principe d’une démonstration qui vise à faire comprendre les ressorts d’une action réussie, le plus souvent avec un objet technique, et, par ce biais, cherche à convaincre l’auditoire de la qualité de l’objet technique en question. Le terme “démonstrateur” est, quant à lui, plus polysémique ; il est difficile de savoir s’il s’agit de la personne qui réalise la démonstration, du dispositif technique qui supporte cette démonstration ou de ce même agencement technique offert en test à un public choisi et accompagné. En effet, le terme “démonstrateur” est couramment utilisé en ingénierie pour désigner un premier dispositif suffisamment fonctionnel pour être soumis à des expériences d’usage. Dès lors, lorsque des collaborations entre ingénierie et art conduisent à réaliser un dispositif en commun, est-il possible de considérer ce dernier comme démonstrateur du point de vue des ingénieurs et comme œuvre pour les artistes ? Si une telle différence d’appréciation peut exister, les attentes des uns et des autres sont-elles si différentes lorsque l’on sait à quel point les œuvres à forte composante technologique nécessitent d’être testées ? L’exposition peut-elle être alors considérée comme un espace de tests où l’expérience du public est autant celle qu’il produit pour lui-même, son expérience esthétique, qu’une expérience à laquelle il contribue, une sorte de test “utilisateur” ? Une sorte seulement, car si les œuvres opèrent, elles ne sont pas pour autant mues par des fonctions : ici, nuls modes d’emploi, tâches à accomplir ou objectifs à remplir. Comment concevoir des agencements et agentivités, envisager des affordances, pour des expériences esthétiques sans fins ? Ce sont ces quelques questions qui seront abordées à partir de l’expérience de l’auteur, à la fois de son point de vue d’artiste et de chercheur.

Photographie : Temps libre installation interactive, 2004, Samuel Bianchini, Sport Factory, exposition collective, La Gare Saint-Sauveur, Lille, France, mai – septembre 2012. Photographie : © Samuel Bianchini.

Recherche, arts et pratiques numériques #10: archéologie et numérique

Mercredi 15 mars 2017,
IMéRA,
2 place Le Verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), Manoel Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Archéologie et numérique

T. Bartette (ISCD-UPMC), L. Norgeot (ISCD-UPMC) et E. Rosso (Université Paris Sorbonne- EA 4801-IUF)
Objets archéologiques, fac-similés numériques, restitution architecturale. Le décor figuré du théâtre antique d’Orange

Le recours aux technologies numériques tend à se généraliser en archéologie, le plus souvent dans le but de visualiser des données complexes grâce à des outils et des logiciels préexistants. Dans le cadre du projet NuméRO , fruit d’une collaboration interdisciplinaire mobilisant des compétences en histoire de l’art, en architecture et en informatique, le parti retenu a été la mise au point d’une application logicielle dédiée, répondant à un cahier des charges dicté en amont par des questionnements scientifiques précis. L’objectif premier était de proposer une restitution de l’une des frises en marbre du théâtre antique d’Orange (l’un des mieux conservés du monde romain) fondée sur la numérisation par photogrammétrie de fragments sculptés extrêmement lacunaires ; pour ce faire, nous avons procédé à la confrontation numérique des fragments conservés et à la « restauration » virtuelle des sections manquantes – autorisée par la nature même du décor, qui se caractérise par une syntaxe iconographique reposant sur des combinatoires complexes de figures de répertoire. Le dialogue constant entre les différents acteurs du projet a suscité des ajustements et des réorientations qui ont également conduit à l’ajout de nouvelles fonctionnalités et à l’émergence de nouvelles pistes de recherche. Ainsi, loin d’être de simples avatars dont la principale utilité est de permettre à l’archéologue de s’affranchir de la pesanteur du marbre ou du contact direct avec l’objet archéologique ou le « terrain », les fac-similés numériques se sont révélés être, au-delà des attentes initiales, les supports de nouveaux questionnements scientifiques.

Recherche, arts et pratiques numériques #9: l’exposition, une nouvelle forme d’écriture?

Mercredi 15 février 2017,
IMéRA, maison des astronomes
2 place Le Verrier
13004 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), Manoel Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

L’exposition, une nouvelle forme d’écriture?

Manoël Pénicaud, anthropologue (IDEMEC-CNRS-AMU)
Mise en abyme du processus d’exposition du religieux

Anthropologue et co-commissaire de l’exposition Lieux saints partagés, je propose une réflexion d’ensemble sur l’itinérance de ce projet à Marseille (MuCEM), Tunis (Bardo) et Paris (MNHI), puisque chaque étape implique une réécriture (« hétérographie ») et une nouvelle scénographie. Comment mettre en scène le religieux qui est lui-même mis en scène et chorégraphié par les croyants, telle est la mise en abyme qui sera questionnée. Je présenterai les différents dispositifs numériques, audiovisuels et interactifs mis en œuvre dans cette série d’expositions consacrées aux sanctuaires fréquentés par des fidèles de religions différentes autour de la Méditerranée.

Denis Chevallier, ethnologue et commissaire d’exposition (MuCEM)
Vies d’ordures : comment exposer l’économie des déchets

Denis Chevallier est aussi l’un des commissaires de la future exposition du MuCEM : « Vies d’ordures, de l’économie des déchets», qui ouvrira le 21 mars prochain. Cette exposition abordera à travers la question des déchets, leur nature, leur provenance, leur traitement, leur valeur, la grave crise écologique qui touche notre planète. Appuyé sur des enquêtes ethnologiques, l’exposition s’attardera sur les lieux, les gestes, les hommes des déchets. En prenant acte des mobilisations politiques, technologiques, citoyennes en cours l’exposition sera une occasion de plus d’alerter sur l’ampleur et les conséquences d’une catastrophe déjà présente et de présenter quelques solutions. Denis Chevallier livrera donc in  vivo le processus de réflexion, de sélection et d’arbitrage qui prévaut dans la mise en exposition d’un sujet de société, en évoquant en s’arrêtant particulièrement sur les dispositifs numériques et audio-visuels prévus.

Thierry Fournier, artiste et commissaire d’exposition indépendant (EnsadLab, Paris, École nationale supérieure d’art de Nancy, Sciences Po Paris)
Recherche par l’exposition et condition post-numérique

Alors qu’aujourd’hui la condition d’exposition qualifie aussi bien celle de l’art que celle des personnes dans un environnement numérique, et que l’expérience des œuvres est confrontée à une logique de surexposition généralisée, comment l’exposition peut-elle constituer aujourd’hui un moment spécifique d’expérience, d’interrogation et de critique ? Thierry Fournier évoquera ces enjeux et sa démarche de commissaire à travers plusieurs exemples d’expositions récentes et les directions de travail du groupe de recherche Displays.

Photographie : Exposition Données à voir, La Terrasse Nanterre 2016, © Thierry Fournier

Recherche, arts et pratiques numériques #8: quoi de neuf du côté des algorithmes?

Mercredi 18 janvier 2017,
IMéRA,
2 place Le verrier,
13004 Marseille

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), Manoel Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU)

Recherche, art et pratiques numériques est une séminaire transdisciplinaire qui s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières. (Lire la suite)

Quoi de neuf du côté des algorithmes?

Dominique Cardon, sociologue, Sciences po – Médialab
Les algorithmes rendent-ils vraiment le monde prévisible ?

Nous sommes entrés dans une société de calculs. Les techniques qui se déploient avec le monde des big data prétendent capturer au plus près les comportements des individus et prédire ce qu’ils sont, ce qu’ils pensent et ce qu’ils vont faire. Mais le monde devient-il pour autant plus prévisible ? Il est utile de revenir sur l’histoire de l’Intelligence artificielle et sur les raisons qui expliquent son retour soudain dans l’actualité avec les succès des nouvelles méthodes d’apprentissage et des réseaux de neurones (Watson, AlphaGo, etc.). La promesse d’une société prédictive constitue un défi pour nos sociétés : quelle liberté est laissée aux choix des individus ? Jusqu’où peut-on personnaliser sans défaire la société ? Comment peut-on comprendre et réguler les décisions des nouveaux calculateurs ?

Francis Chateauraynaud, anthropologue, GSPR – EHESS
Quelles logiques d’enquête face aux flux du Web ? Leçons cognitives et politiques d’une expérience de contre-intelligence artificielle

Lorsqu’au début des années 2000, la socio-informatique des controverses a renoué avec l’intelligence artificielle en passant du logiciel Prospéro (analyse de corpus textuels évolutifs) au logiciel Marlowe (conçu comme un interlocuteur virtuel fonctionnant en mode dialogique et doté de modes d’apprentissage spécifiques, et même singuliers), le sens et la portée de cette expérimentation ont été difficilement perçus, y compris dans l’environnement intellectuel le plus proche. Il faut dire que l’on était avant le basculement des humanités numériques, passées de l’état d’avant-garde critique des machines dominantes de l’internet à celui d’alignement quasi général doublé d’une forme d’injonction managériale.

Si les développements de Prospéro et Marlowe se sont poursuivis après 2010, c’est à travers la construction d’observatoires sociologiques des processus critiques (alertes, controverses, conflits, notamment dans les domaines sanitaires, environnementaux et technologiques) qu’a été validée ce que les ingénieurs appellent la « preuve de concept ». Après plus de 15 ans d’expériences, et des évolutions considérables dans les mondes numériques, quels sont les chemins qui s’offrent à ce qui a fini par prendre la forme d’une « contre-intelligence artificielle » distribuée ? En partant des activités autonomes du chroniqueur de Marlowe, qui s’exprime tous les jours sur son blog, et qui n’est que la partie émergée d’un réseau d’artefacts cognitifs et d’interprètes humains, l’exposé montrera comment la conception des structures de données, des algorithmes et des interfaces a évolué et continue d’évoluer. Il s’agira surtout de montrer comment se positionne le réseau de développeurs-utilisateurs face à d’autres formes de traitement de la profusion des informations et des opinions dans les flux du Web.